Dilma Rousseff réélue de justesse à la tête du Brésil

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(Actualisé avec clôture des marchés, précisions) par Brad Haynes et Paulo Prada BRASILIA, 27 octobre (Reuters) - La réélection de la présidente de gauche Dilma Rousseff à la tête du Brésil a été mal accueillie par les marchés financiers lundi qui avaient parié sur son adversaire, le sénateur centriste Aecio Neves, considéré comme plus favorable aux milieux d'affaires. Son score de 51,6%, obtenu dimanche à l'issue d'une élection les plus serrées qu'ait connu le Brésil ces dernières années, montre un pays coupé en deux. Le Sud, plus riche, a majoritairement voté en faveur du virage libéral promis par Aecio Neves, tandis que le Nord et le Nord-Est, plus défavorisés, lui ont préféré la continuité dans la mise en oeuvre des programmes sociaux incarnée par la candidate du Parti des travailleurs (PT). Dans ce contexte, le ministre des Finances Guido Mantega, dont le remplacement fait l'objet d'intenses spéculations, a tenté de faire face au pessimisme en promettant notamment de contrôler l'inflation. Il a toutefois souligné que la réélection de Dilma Rousseff était le signe d'une approbation par le peuple de la politique économique de la présidente. La devise brésilienne, le réal, a accentué son recul après les commentaires du ministre des Finances, terminant à 2,52 pour un dollar, son plus bas niveau depuis avril 2005. A la Bourse de Sao Paulo, l'indice Bovespa .BVSP a reculé de 2,8%, après avoir un moment perdu 5%. La compagnie pétrolière publique Petrobras, embourbée dans une affaire de corruption, a perdu plus de 12%. ID:nL5N0SM5DN Dilma Rousseff a annoncé le mois dernier que Guido Mantega démissionnerait à la fin de l'année. De source gouvernementale, on indique que sur la liste des remplaçants dressée par la présidente, figurent un homme d'affaires, un ancien responsable du ministère des Finances et son actuel chef de cabinet. La présidente, qui est âgée de 66 ans, devra aussi composer avec son parti, qui espère qu'elle choisira, sinon une personnalité issue du PT, au moins quelqu'un en phase avec la philosophie du parti. "Nous préférons toujours un membre du parti", a déclaré à la presse, Rui Falcao, le président du PT. "Mais ce qui est essentiel est que la ligne générale de la politique économique, telle qu'elle a été pratiquée, soit maintenue." "RASSEMBLER LE BRÉSIL" Dilma Rousseff a érigé en priorité de son second mandat une réforme politique et appelé au dialogue, notamment avec le Congrès. "J'appelle tous les Brésiliens, sans exception, à s'unir pour l'avenir du Brésil", a déclaré Dilma Rousseff après son élection devant une foule de partisans réunis dans un hôtel de Brasilia, capitale du plus grand pays d'Amérique latine. "Je veux être une bien meilleure présidente que celle que j'ai été jusqu'à présent", a-t-elle dit, la voix cassée après plusieurs semaines de campagne. Jouant l'apaisement, Dilma Rousseff s'est engagée à combattre la corruption, thème phare d'une campagne virulente, et à mettre un terme à l'impunité en durcissant la législation. Son adversaire malheureux a concédé sa défaite. "Notre plus grande priorité doit être de rassembler le Brésil", a-t-il dit, ajoutant qu'il avait appelé Dilma Rousseff. Le PT, au pouvoir depuis 12 ans, a mis en oeuvre des programmes de redistribution sociale qui ont contribué à sortir plus de 40 millions de Brésiliens de la pauvreté et le chômage est tombé à des plus bas record. L'arrivée au pouvoir de Dilma Rousseff, qui a succédé en 2011 à Luiz Inacio Lula da Silva, a coïncidé avec un ralentissement de l'économie brésilienne, qui est même entrée en récession au premier semestre de cette année. Plusieurs affaires de corruption, une inflation élevée et la frustration provoquée par des services publics médiocres ont également terni l'image de Dilma Rousseff et ont poussé une partie des électeurs à être sensibles au discours libéral d'Aecio Neves. Dans son discours de la victoire, Dilma Rousseff n'a pas donné d'indications claires sur ce qu'elle comptait mettre en oeuvre pour regagner la confiance des marchés et relancer une économie en panne. Elle a réaffirmé dimanche soir son engagement en faveur de la discipline budgétaire et à contenir l'inflation. Les investisseurs brésiliens lui reprochent notamment les interventions répétées de l'Etat dans le secteur privé et des décisions parfois contraires aux intérêts des actionnaires minoritaires dans les groupes publics. (Danielle Rouquié pour le service français, édité par)


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