Dilma Rousseff : « Pour m'ôter le pouvoir il faudra des preuves »

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Dilma Rousseff à Brasilia le 24 mars 2016.
Dilma Rousseff à Brasilia le 24 mars 2016.

Niant toute implication dans l’affaire Lava Jato, vaste enquête sur le scandale de corruption lié au groupe pétrolier Petrobras, la présidente du Brésil dénonce une récupération politique de ses opposants pour la démolir.

L’économie s’effondre, la corruption gangrène son parti, la rue appelle à sa destitution, le Congrès l’empêche de gouverner, mais Dilma Rousseff, présidente du Brésil, réélue avec une courte majorité, fait front. Ni abattue, ni déprimée. Dans un entretien au « Monde », elle assure ne pas être impliquée dans l’affaire Lavo Jato, qui éclabousse les dirigeants politiques brésiliens, et qualifie la procédure d’impeachment de « coup d’Etat institutionnel ».

Evoquant la procédure de destitution (impeachment) dont vous faites l’objet, vous parlez d’un « coup d’Etat ». Est-ce approprié ?

En Amérique latine, nous avons vécu des coups d’Etat militaires. Nous vivons aujourd’hui dans un système démocratique, et les coups d’Etat ont changé de nature. Un coup d’Etat aujourd’hui correspond à la violation de la Constitution qui garantit les droits individuels, institutionnels, l’indépendance, l’autonomie des pouvoirs et le respect des droits de l’homme. La loi est claire : pour qu’il y ait “impeachment”, il faut qu’il y ait un crime de responsabilité. La motivation de la procédure en cours est fragile : on me reproche le pédalage fiscal [recours à des emprunts auprès d’établissements publics pour financer des dépenses budgétaires qui seront portées au débit des comptes publics avec un décalage]. Une pratique que, jusqu’à mon premier mandat, tous les présidents ont utilisée.

Une procédure de destitution sans base légale constitue un coup d’Etat institutionnel. C’est dangereux. La populat...

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