Dijsselbloem veut récompenser les pays européens qui réforment

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par Jan Strupczewski WASHINGTON, 10 octobre (Reuters) - Le président de l'Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, a proposé vendredi un nouveau pacte de croissance européen qui récompenserait les Etats mettant en oeuvre des réformes en leur accordant des financements communautaires et des marges de manoeuvres en terme de déficit budgétaire. "Nous devons essayer de rédiger un nouveau pacte de croissance pour l'Europe", a dit dans un entretien à Reuters celui qui préside actuellement les réunions mensuelles des ministres des Finances de la zone euro. Le projet qu'il évoque lierait la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), l'évaluation des politiques budgétaires des Etats de la zone euro, les progrès réalisés en matière de réformes et les projets d'investissement. "Nous étudions les budgets, les réformes, ce que fait la BCE, nous réfléchissons à la manière de renforcer les investissements. Aujourd'hui, ces politiques sont séparées; j'aimerais les lier", a-t-il expliqué. "Cela vaudrait le coup de rassembler ces quatre volets et d'avoir un accord politique sur la manière dont ils sont liés." "Il faudra une avancée politique pour rassembler ces volets", a-t-il reconnu. "Certains disent: 'faisons plus d'investissement', d'autre 'faisons plus de discipline budgétaire', et les réformes structurelles se retrouvent abandonnées entre les deux. Si nous lions les trois, cela peut donner un mécanisme puissant." CONFIANCE Il a estimé que les gouvernements qui entreprennent des réformes permettant de restaurer la confiance, d'améliorer la compétitivité de l'économie, d'attirer les investisseurs, d'augmenter le niveau des dépenses de recherche et de développement et de promouvoir la qualité de la main-d'oeuvre devaient être récompensés par des marges de manoeuvre concernant le respect des règles communes en matière de déficits. Les pays concernés devraient pouvoir accéder à des financements à bas coûts pour investir dans des projets concrets, par exemple par l'intermédiaire de la Banque européenne d'investissement, a-t-il expliqué. Jeroen Dijsselbloem a parallèlement pris la défense des règles communautaires en matière de réduction des déficits, remises en cause par certains au nom du soutien à la croissance. "Elles deviennent un important indicateur politique de la confiance, pas seulement de la confiance du monde extérieur dans la zone euro mais de la confiance entre les pays", a-t-il dit. "De nombreux pays ont investi massivement dans cette union monétaire; mon rôle est de faire en sorte que nous n'entamions pas cette confiance." S'exprimant par la suite lors d'une réunion publique en marge des assemblées générales du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, le président de l'Eurogroupe s'est clairement prononcé contre l'octroi à la France d'un délai supplémentaire pour réduire ses déficits. ID:nL6N0S543L (Marc Angrand pour le service français)

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