Dijsselbloem évoque le risque d'un "mini-Schengen"

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    BRUXELLES, 27 novembre (Reuters) - Le président de 
l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem avertit que les pays qui 
rechignent à participer au programme d'accueil des réfugiés dans 
l'Union européenne pourraient se retrouver exclus d'une 
"mini-zone Schengen". 
    Dans une interview publiée vendredi par les quotidiens des 
affaires belges De Tijd et L'Echo, le ministre néerlandais des 
Finances juge que la zone Schengen ne peut pas être viable si 
seulement une poignée de pays membres acceptent la plupart des 
réfugiés qui ont afflué en Europe ces derniers mois.  
    "Plusieurs pays paient plus cher la facture de la crise 
migratoire au motif qu'ils accueillent davantage d'immigrés. Il 
s'agit de la Suède, de l'Allemagne, de l'Autriche, de la 
Belgique et des Pays-Bas", déclare Jeroen Dijsselbloem.  
    "Certains pays considèrent que ce n'est pas leur problème, 
mais le nôtre. Ce qui met évidemment à mal le principe de 
solidarité." 
    Beaucoup des 26 pays membres de l'espace Schengen, en 
particulier les pays d'Europe orientale, s'opposent au plan de 
répartition mis au point par la Commission européenne pour 
alléger le fardeau des pays les plus impliqués dans l'accueil de 
migrants et réfugiés dans l'UE.  
    Jeroen Dijsselbloem, qui dit vouloir préserver la zone 
Schengen, estime cependant que si des pays ne participent pas à 
l'effort commun, d'autres devront agir seuls, car le trop grand 
nombre de demandeurs d'asile pourrait mettre en péril leur 
Etat-providence.  
    "Les pays se font concurrence pour refouler les demandeurs 
d'asile. C'est pourquoi nous devons collaborer plus étroitement 
avec les 28 pays de l'UE. Et si cela ne fonctionne pas, il faut 
pouvoir créer un groupe plus réduit", dit-il. 
    "L'Europe jouit d'un système d'État-providence efficace. 
Pour qu'il le reste, il convient de surveiller les frontières 
extérieures. Si nous n'y parvenons pas, de nombreuses personnes 
viendront frapper à notre porte pour obtenir des allocations et 
compromettront notre système. C'est ce qui se passe actuellement 
aux Pays-Bas", ajoute Jeroen Dijsselbloem.  
    "Si nous ne surveillons pas les frontières externes de 
l'UE28, si nous ne surveillons pas les frontières externes de 
l'espace Schengen, il est alors peut-être utile de le faire au 
niveau d'un mini-Schengen. Et si cela ne fonctionne pas, ce sera 
chacun pour soi. Je ne souhaite pas qu'on en arrive là", 
poursuit le ministre néerlandais.  
    Les Pays-Bas ont été les premiers à évoquer l'idée d'un 
"mini-Schengen" il y a huit jours, un projet distinct des 
propositions françaises de contrôle systématique aux frontières 
extérieures de l'espace Schengen avancées après les attentats du 
13 novembre.  ID:nL8N13E35A  
    L'Allemagne, sans qui le projet ne peut aboutir, a cependant 
réaffirmé vendredi, par la voix d'un haut responsable, qu'elle 
souhaitait "conserver Schengen dans sa forme actuelle".  
    Mercredi, le président de la Commission européenne a lié le 
sort de l'espace Schengen à celui de l'euro, estimant que l'un 
n'allait pas sans l'autre.  ID:nL8N13K3LH  
    Vingt-deux pays membres de l'UE font partie de l'espace 
Schengen, auxquels s'ajoutent la Norvège, l'Islande, la Suisse 
et le Liechtenstein.  ID:nL8N13F1CO  
 
 (Thomas Escritt; Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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