DIGEST-Euro Disney-Pour les petits porteurs, Walt Disney c'est Picsou

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* L'intégralité du SPECIAL REPORT (en anglais): ID:nL4N0V96ZM par Nicholas Vinocur et Alexandria Sage PARIS, 2 février (Reuters) - Pour les quelque mille membres de l'Association des petits porteurs d'Euro Disney, l'exploitant du parc Disneyland de Marne-la-Vallée, le groupe américain Walt Disney, sa maison mère, ressemble de plus en plus à Picsou, l'un de ses personnages fétiches. Les modalités des augmentations de capital destinées à massivement recapitaliser le groupe plombé par la détérioration de sa situation financière et une baisse de la fréquentation ont achevé de les convaincre. A l'issue de ces opérations, Walt Disney pourrait contrôler jusqu'à 82% du capital d'Euro Disney, réduisant les petits actionnaires à la portion congrue d'autant que le prince saoudien Al-Walid, deuxième actionnaire de la société avec environ 10% du capital, a annoncé qu'il participerait à l'opération. Euro Disney n'a connu que sept exercices bénéficiaires sur ses 23 ans d'existence, bien qu'exploitant la première destination touristique européenne avec environ 14 millions de visiteurs par an. Les dirigeants d'Euro Disney expliquent les difficultés de l'entreprise par des projections initiales trop optimistes et un recours trop important à l'endettement pour financer le projet ainsi qu'à la baisse de la fréquentation et des dépenses des visiteurs, liée à la faiblesse de l'économie européenne. Si les actionnaires ne nient pas ces difficultés, ils pointent les royalties et commissions de gestion payées à la maison mère qui représentent environ 10% du chiffre d'affaires annuel, un niveau trop élevé pour espérer dégager des bénéfices, selon eux. Ils en veulent pour preuve que la seule période pendant laquelle Euro Disney a été profitable, de 1995 à 2001, a correspondu à la suspension par Walt Disney des royalties et commissions qui devaient lui être versées. Le directeur financier d'Euro Disney, Mark Stead, rejette ce raisonnement. Les commissions sont fixées aux "conditions du marché" voire en dessous, dit-il. Les royalties et commissions payées par Tokyo Disneyland représentent environ 7% du chiffre d'affaires du parc japonais, souligne-t-il. Et Disney, qui ne possède pas Tokyo Disneyland, ne renoncerait pas à ses royalties si un de ses distributeurs rencontrait des difficultés. Pourquoi devrait-il le faire pour Euro Disney ? Pour les petits porteurs, cet argument n'est pas recevable car en tant qu'actionnaire de contrôle d'Euro Disney, Walt Disney Company est responsable de sa santé financière. Depuis 1992, les royalties et commissions de gestion perçues par Walt Disney Company ont représenté 975,69 millions d'euros, selon des calculs effectués par Reuters sur la base des rapports annuels d'Euro Disney. Ce dernier souligne toutefois que 285 millions n'ont pas été payés et restent dus. Sur la même période, les pertes nettes ont dépassé deux milliards d'euros. S'il n'est pas inhabituel qu'une maison mère fasse payer commissions et royalties à ses filiales ou aux exploitants de sa marque, elles sont bien moins élevées pour certains parcs d'attraction. Ainsi, Merlin Entertainments, qui exploite la parc Legoland près de Londres, a-t-il versé à Lego des commissions et royalties ne représentant que 2% de son chiffre d'affaires en 2011 et en 2012. Les petits actionnaires sont d'autant plus amers qu'ils disent avoir conservé leurs actions en raison des assurances répétées données par les dirigeants d'Euro Disney que le parc serait rentable à moyen terme. (Marc Joanny pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot)


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