"Difficiles" pourparlers entre le Hamas et Israël au Caire

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(Actualisé avec déclarations du ministre israélien de la Défense, bilan à Gaza, incident maritime et projet de nouvelle flottille humanitaire) par Nidal al-Mughrabi et Stephen Kalin GAZA/LE CAIRE, 12 août (Reuters) - Les négociations entre Israéliens et Palestiniens sont "difficiles", a déclaré mardi un membre de la délégation palestinienne, alors que des responsables israéliens ont indiqué qu'aucun progrès n'avait été réalisé dans ces pourparlers indirects et que les hostilités pourraient reprendre rapidement. Au deuxième jour d'une trêve de 72 heures qui semble respectée par les deux camps dans la bande de Gaza, la délégation palestinienne a repris les négociations avec les médiateurs égyptiens, après une réunion de neuf heures la veille, et les Israéliens sont revenus au Caire. Le Hamas et ses alliés tentent de mettre un terme au blocus imposé à la bande de Gaza par Israël et l'Egypte. "Les négociations sont difficiles", a commenté Moussa Abou Marzouk, vice-président du bureau politique du Hamas, sur son compte Twitter. Les pourparlers en cours sont "les plus sérieux, intenses et difficiles", a déclaré Khaled al Batch, un dirigeant du Djihad islamique allié du Hamas, dont les propos sont rapportés par l'agence de presse officielle égyptienne Mena. "Nous ne pouvons pas dire qu'une issue a été trouvée. (Encore) vingt-quatre heures et nous verrons si nous parvenons à un accord", a dit à Reuters un responsable palestinien proche du dossier, sous couvert de l'anonymat. Côté israélien, un responsable a déclaré sous le sceau de l'anonymat: "Le fossé entre les parties est grand et il n'y a pas de progrès dans les négociations." Le ministre israélien de la Défense a dit aux forces armées de l'Etat hébreu de se tenir prêtes à une reprise des hostilités. "Je ne sais pas si, d'ici mercredi minuit, nous parviendrons à un arrangement. Je ne sais pas si nous aurons besoin de prolonger les négociations. Il se pourrait que des tirs (de roquettes) se produisent à nouveau et nous tirerons à nouveau dans leur direction", a dit Moshe Yaalon lors de la visite d'une base navale. Les Palestiniens souhaitent disposer d'un port de mer. Israël a indiqué qu'un accord pourrait être trouvé sur ce point sous réserve de futures négociations sur un accord de paix permanent. COUPS DE SEMONCE CONTRE UN BATEAU DE PÊCHEUR L'Etat hébreu continue de limiter l'accès à Gaza, de crainte de voir le Hamas reconstituer son arsenal avec des armements en provenance de l'étranger. Israël exige aussi des garanties sur le fait que les matériaux de construction susceptibles d'être acheminés à Gaza ne soient pas utilisés par les activistes palestiniens pour creuser de nouveaux tunnels leur permettant de s'infiltrer sur son territoire. La délégation palestinienne a accepté que les opérations de reconstruction à Gaza soient dirigées par le gouvernement d'union composé de technocrates nommé en juin par le Hamas et le Fatah, mouvement du président Mahmoud Abbas basé en Cisjordanie. Depuis le déclenchement le 8 juillet de l'opération "Bordure protectrice" par Israël pour mettre fin aux tirs de roquettes en provenance de Gaza, 1.939 Palestiniens ont été tués, dont une majorité de civils, selon les services de secours. Ce bilan a augmenté d'un mort mardi car un Palestinien est décédé de ses blessures dues aux combats. Israël a pour sa part fait état de 67 morts, dont 64 militaires. La marine israélienne a tiré mardi des coups de semonce en direction d'un bateau de pêche palestinien ayant ignoré le blocus maritime de la bande de Gaza, a dit l'armée israélienne. Selon des responsables palestiniens à Gaza, cet incident n'a pas fait de blessés et il ne semble pas menacer la trêve. Une coalition de 10 ONG originaires de 10 pays différents a pour sa part annoncé mardi son intention d'envoyer d'ici la fin de l'année une flottille d'aide humanitaire dans la bande de Gaza malgré le blocus israélien. Une initiative identique en 2010 s'était soldée par une intervention de la marine israélienne dans les eaux internationales, qui avait coûté la vie à neuf Turcs. Une dixième personne est décédée en mai à la suite de blessures subies lors de cet assaut. Réunie mardi à Istanbul, la Coalition Flottille de la Liberté n'a pas précisé le nombre de bateaux qui composeraient sa prochaine mission vers Gaza et n'a pas avancé de calendrier précis. "Il est de la responsabilité de la société civile de défier ce blocus (...) Nous prévoyons de naviguer en direction de Gaza au cours de l'année 2014", a dit Ann Ighe, porte-parole suédoise de la coalition. Israël a répliqué qu'il ferait respecter le blocus de Gaza. L'Etat hébreu considère l'une des principales composantes de cette coalition, la Fondation pour l'aide humanitaire (IHH) basée à Istanbul, comme une organisation terroriste. (Avec Ayla Jean Yackley et Dan Williams à Istanbul; Clémence Apetogbor, Agathe Machecourt et Bertrand Boucey pour le service français)

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  • housssss le mardi 12 aout 2014 à 14:50

    Si les images de terroristes ne sont pas apparues dans les médias, c'est que le Hamas censure la presse à Gaza