Difficile d'innover encore dans le segment des smartphones

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    par Eric Auchard 
    FRANCFORT, 22 mars (Reuters) - Près d'une décennie après la 
sortie du premier iPhone, le secteur se demande si le smartphone 
n'a pas atteint le stade ultime de l'évolution au point que même 
Apple considère comme une nouveauté le lancement d'un téléphone 
équipé d'un écran de quatre pouces, caractéristique qui était 
déjà présente dans les précédentes générations de combinés.   
    A en croire les experts du secteur, l'innovation dans les 
smartphones s'est déplacée dans toutes sortes de nouveaux 
appareils allant des voitures aux réfrigérateurs en passant par 
les montres et les bijoux qui ont aujourd'hui, via les logiciels 
et les services, les mêmes fonctionnalités que les téléphones 
mobiles. 
    Pour les analystes et les concepteurs de produits, les 
ruptures technologiques butent sur les limites physiques des 
smartphones actuels en termes de taille d'écran, d'autonomie de 
la batterie et de capacité des réseaux.  
    "Toute (nouveauté) dans le secteur de la téléphonie est à 
présent marginale: un (processeur) un peu plus rapide, un 
(écran) un peu plus grand, une (mémoire) un peu plus importante 
ou une meilleure résolution (d'écran)", observe Christian 
Lindholm, un ancien de Nokia.  
    Les enjeux pour le secteur sont importants dans la mesure où 
l'avenir d'Apple  AAPL.O , de Google  GOOGL.O  (groupe Alphabet) 
et de Microsoft  MSFT.O , les trois plus grosses capitalisations 
mondiales à la fin de l'an dernier, pourrait dépendre de leur 
capacité à négocier au mieux ce virage.  
    Plusieurs sociétés testent actuellement de nouvelles 
méthodes d'interaction avec une interface qui passe par le 
toucher, la vue et la voix.  
    Ces tests ont lieu notamment sur des colliers, appelés 
"bijoux intelligents", qui intègrent des microphones ou sur de 
minuscules écouteurs fixés aux oreilles. Ces appareils sont 
dotés d'assistants personnels vocaux capables de réaliser 
différentes tâches uniquement grâce à la voix de l'utilisateur.  
  
    Dans ce domaine, les grands groupes technologiques ont déjà 
réalisé d'importants progrès. Des services comme Google Now, 
Siri d'Apple, Cortana de Microsoft et Alexa d'Amazon  AMZN.O  
sont capables de lire un texte ou un courriel, de répondre à des 
questions pratiques, de gérer différentes fonctionnalités ou 
d'aider à la navigation routière. 
    "La manière dont tout cela évolue, l'appareil lui-même est 
juste une autre façon de fournir un accès à la vie numérique de 
l'utilisateur", résume Richard Windsor, analyste financier 
indépendant. 
    Pour Christian Lindholm, les fonctions des smartphones vont 
se diviser en deux camps avec d'un côté les grands écrans 
destinés au divertissement et de l'autre, des appareils compacts 
à porter sur soi pour surveiller son état de santé, faire du 
sport ou régler des transactions.    
     
    DÉFIS À RELEVER 
    Selon les analystes financiers d'UBS, le chiffre d'affaires  
des fabricants de smartphones va baisser cette année de 1,4% à 
environ 323 milliards de dollars (288 milliards d'euros). La 
moitié de ce montant est généré par Apple qui s'accapare 
également les trois-quarts des bénéfices du secteur, d'après le 
cabinet Strategy Analytics. 
    Le groupe à la pomme a annoncé lundi le lancement d'un 
iPhone moins cher doté d'un écran de quatre pouces (10 cm) afin 
de relancer ses ventes de téléphones mobiles qui devraient 
fléchir ce trimestre pour la première fois depuis la sortie de 
son combiné vedette en 2007.  ID:nL5N16T4XM   
    Google de son côté génère la quasi-totalité de son chiffre 
d'affaires avec la publicité intégrée à ses différents services 
web et non avec son système d'exploitation Android qui équipe 
environ 80% des téléphones vendus dans le monde.  
    Selon les analystes, la publicité sur mobile représente 
environ un quart à un tiers des 75 milliards de dollars de 
chiffre d'affaires publié par Google en 2015.  
    L'an dernier, Microsoft a inscrit dans ses comptes une 
charge de 7,6 milliards de dollars pour dépréciation d'actifs à 
la suite de l'acquisition de la division mobile de Nokia. 
Depuis, le groupe cherche à tirer davantage de revenus de la 
vente de services dématérialisés, son segment le plus dynamique. 
  
    Si les téléphones mobiles sont devenus des couteaux suisses 
à tout faire de l'ère numérique, leur attrait essentiel auprès 
des consommateurs réside à présent dans les logiciels et les 
services basés sur le cloud (informatique dématérialisée).  
    "Les réseaux mobiles sont en train de changer pour relier 
tous ces appareils", observe Bob O'Donnell, analyste chez 
Technalysis Research, en Californie. 
    Pour les experts, quelle que soit la plate-forme sur 
laquelle le téléphone mobile va se déplacer, les mêmes questions 
demeureront, notamment en ce qui concerne l'autonomie de la 
batterie, qui est devenue un défi de taille car les 
consommateurs regardent de plus en plus de vidéos.  
    La prochaine grande révolution requiert également des écrans 
plus flexibles permettant de travailler dans différentes 
conditions d'éclairage. Cela reste un défi en termes de 
production de masse et de prix, même pour Samsung  005930.KS  et 
LG  066570.KS  qui y travaillent depuis des années.  
    Avec des écrans flexibles de 10 ou 14 pouces, la frontière 
entre un smartphone et une tablette pourrait s'estomper, relève 
Richard Windsor. 
 
 (Claude Chendjou pour le service français, édité par Wilfrid 
Exbrayat) 
 

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