Didier Rous : " On veut gagner un maximum de courses "

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Didier Rous : " On veut gagner un maximum de courses "
Didier Rous : " On veut gagner un maximum de courses "

Cofidis fête sa vingtième année de présence dans le peloton professionnel cette saison. L'occasion pour Didier Rous, le directeur sportif, de faire un point sur les futurs objectifs de son équipe et de Nacer Bouhanni.

Didier Rous, quels seront les grands objectifs de l’équipe Cofidis en 2016 ?
Déjà, on veut gagner un maximum de courses. On veut gagner sur les Grands Tours, que ce soit le Tour ou la Vuelta et d’autres épreuves du World Tour comme Paris-Nice. Avec Nacer Bouhanni, on peut jouer la carte des arrivées au sprint et pourquoi pas avec d’autres coureurs qui ont progressé par rapport à l’année dernière.

L’arrivée d’un sprinteur comme Borut Bozic pour épauler Nacer Bouhanni va-t-elle donner encore plus de confiance à votre sprinteur ?
Il va avoir une place dans le train de Nacer. C’est un complément, une pièce en plus, du fait de son expérience et de ses qualités. On espère qu’il va nous apporter. On veut que Nacer prenne une autre dimension, même s’il en a déjà une belle. On sait que pour gagner des sprints massifs avec tous les sprinteurs qu’il peut y avoir dans toutes les équipes, c’est compliqué. Plus on a d’atouts dans son jeu, mieux c’est. Ce qui nous importait, c’était d’avoir un coureur d’expérience capable de pallier certaines carences que l’on avait.  

Avec toutes les chutes qu’a connu Nacer Bouhanni en 2015 (9), a-t-il un esprit de revanche pour cette nouvelle saison ?
De revanche, non. Ça fait partie du métier de coureur cycliste. Il y a des années avec plus ou moins de réussite. Il a surtout envie de gagner des courses et des très belles. Il veut passer un cap, surtout dans la qualité des courses qu’il va gagner. C’est un gagneur.

« Les six derniers mois ont été catastrophiques au niveau des chutes »

Ce nombre de chutes à répétition est-il dû à la malchance ou faut-il travailler un domaine en particulier pour ne pas les reproduire ?
C’est de la malchance. Jusqu’aux championnats de France, où on le fait tomber de façon non volontaire, du moins je l’espère, Nacer n’était pas tombé une seule fois. Les six derniers mois ont été catastrophiques au niveau des chutes. Il n’y a pas quelque chose à travailler en particulier. Il n’avait chuté que quatre fois depuis le début de sa carrière. C’est comme ça, c’est arrivé à d’autres. Il a confiance et sait très bien que ce n’est pas de sa faute. Il n’était pas au bon endroit quand il fallait.

Vous comptez désormais un autre Bouhanni dans votre effectif, avec l’arrivée de Rayane, 19 ans. A t-il autant de talent que son grand frère ?
C’est prématuré pour le dire. Il faut attendre quelques mois, quelques courses et on pourra juger de son talent. Il a eu des résultats chez les amateurs. Chez les pros, il y a une grande différence. Il faut le laisser venir. Il est tout jeune. Il n’a pas le même profil que son frère. Il va vite au sprint mais plutôt dans un petit groupe.
 
On a vu le départ d’Adrien Petit qui réussit un bon début de saison chez Direct Energie (3 victoires). C’est une déception de l’avoir laissé partir ?
C’est la meilleure des choses qui pouvait lui arriver. Il faut relativiser. Une victoire est une victoire, que ce soit au Gabon ou ailleurs. Les gens font le cumul des victoires mais n’analysent pas forcément la qualité des victoires. Je suis content pour lui, on va voir à l’avenir où il en est physiquement quand ce sera un peu plus dur.  

« On n’a pas à rougir avec les néo-pros que l’on a pris »

Quels coureurs vont avoir un statut « protégé » dans l’effectif ? On peut penser à Stephane Rossetto, qui avait fait un très bon mois de juin en 2015 (4eme de la Route du Sud).
Il n’y a pas que lui. Je pense à Anthony Turgis, Florian Sénéchal, Christian Laporte... On a des jeunes avec un très bon niveau. L’année dernière, ils avaient déjà passé un palier. Cette année ils vont encore en passer un autre et on va entendre parler d’eux.  

Des formations comme Direct Energie et AG2R ont fait le choix de s’appuyer énormément sur la formation avec une équipe réserve. Pourquoi ne pas prendre le même chemin ?
On a eu de la réussite plus tôt à propos des jeunes. Les noms que j’ai déjà cités sont capables de faire de belles choses. On n’a pas d’équipe réserve, mais ils ne sortent pas non plus que des bons talents. On n’a pas à rougir avec les néo-pros que l’on a pris. Je suis persuadé que nos jeunes vont faire parler d’eux.  

Vous aimeriez développer ce projet d’équipe réserve dans l’avenir ?
Le problème, c’est que ça ne se fait pas comme ça. Le sponsor doit en avoir la volonté. Derrière, il faut tout structurer. Ça ne se fait pas du jour au lendemain. La FDJ n’en a pas, comme beaucoup d’autres équipes. Ça ne les empêche pas de sortir des coureurs talentueux. Je ne critique pas ceux qui ont une équipe réserve, au contraire c’est très bien pour le cyclisme amateur. De notre côté, on aide des équipes au niveau du matériel, c’est aussi une solution.
Quelle est la meilleure ? Je ne sais pas. Il faut aider le cyclisme amateur car c’est de là que les futurs grands viendront.  

Que manque-t-il à votre équipe Cofidis pour intégrer le World Tour ?
Le budget. Je ne vois pas comment on peut rivaliser à des équipes à 25-30 millions. On arrive à 10, ce qui est déjà bien. Trouver un partenaire comme Cofidis qui entame sa vingtième année dans le peloton, ce n’est pas monnaie courante. Il faut tenir compte de cette fidélité et cette longévité. Est-ce qu’il vaut mieux être bien et avoir des bons résultats en Continental Pro (2eme division) ou finir dans les derniers de World Tour ? On l’a vu avec Europcar, qui était monté après une très bonne saison et qui a fait l’ascenseur.

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