Didier Deschamps ne s'emballe pas après les deux victoires

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Didier Deschamps ne s'emballe pas après les deux victoires
Didier Deschamps ne s'emballe pas après les deux victoires

Didier Deschamps a apprécié ce qu'il a vu lors des deux matchs amicaux de mars, notamment contre la Russie (4-2). Mais le sélectionneur de l'équipe de France, qui ne s'inquiète pas pour sa défense, reste mesuré dans son analyse. Comme à son habitude.

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL AU STADE DE FRANCE

Didier Deschamps, quel bilan tirez-vous des deux matchs amicaux, aux Pays-Bas vendredi dernier (2-3) et contre la Russie ce mardi (4-2) ?
Il y a eu beaucoup de bonnes choses. Tout n’a pas été parfait, mais il y a cet allant collectif, malgré des changements dans l’équipe et des profils différents. Il y a une équipe qui va de l’avant, qui enchaîne bien avec beaucoup de vitesse. Il y a évidemment beaucoup de points positifs.

Comment expliquez-vous l’entame de deuxième période plus difficile ? Est-ce la France qui a levé le pied ou la Russie qui a accéléré ?
C’est toujours difficile d’expliquer, il y a des deux. L’équipe de Russie n’avait pas été du tout dangereuse en première période. Elle est mieux rentrée et on était au ralenti. On n’a pas fait ce qu’il fallait, mais la Russie est repartie avec de meilleures intentions et elle nous a surpris.

Avec ce que vos joueurs ont montré sur ces deux rencontres, ne vous dites-vous pas que vous avez le groupe France avec le potentiel offensif le plus étoffé depuis une dizaine d’années ?
On ne va pas s’enflammer, calme. Il y a de la qualité, mais il faut trouver de la complémentarité et de la complicité. On a fait de très bonnes choses, mais de là à se prétendre plus fort que les autres… C’est la vérité de ces deux matchs. J’apprécie ce qu’on a produit, individuellement ou collectivement. Même si un peut être un peu en-dessous, celui qui entre peut amener quelque chose aussi. Pour la notion de groupe, c’est important. 

Qu’appréciez-vous le plus dans l’animation offensive de votre équipe ces derniers mois ?
L’idéal, c’est d’avoir de l’alternance, du jeu direct et du jeu en percussion. On est aussi capables de combiner au sol par des enchainements. Il faut avoir de la variété. Sur les six joueurs offensifs que j’ai eus à utiliser sur ces deux matchs, il y a des profils différents qui me donnent des options intéressantes au coup d’envoi ou en cours de match. Au-delà de ça, il y a aussi cette envie commune de travailler ensemble pour récupérer le ballon. Ça permet au bloc d’être plus hermétique.

« Pas de fixation sur les coups de pied arrêtés »

Quand on voit le jeu offensif développé et l’importance prise par Antoine Griezmann, la France a-t-elle réellement besoin de Karim Benzema en vue de l’Euro ?
Je l’attendais celle-là. Parlons des joueurs qui étaient là. Pour le reste, on verra plus tard. Il ne faut pas tout mélanger. J’ai des profils différents, qui peuvent jouer à des postes différents et dans des animations différentes. L’important, c’est de rester dangereux et efficaces. On l’a été sur ces deux matchs.

Le rendement de vos avant-centres sur les deux matchs vous donne-t-il plus de certitudes ou d’interrogations ?
Elle est déguisée cette question ? Je juge ceux qui étaient là et ce qu’ils ont fait. Olivier avait marqué, Dédé l’a fait aussi, en contribuant à l’animation offensive. Je ne juge que sur ces deux matchs. Je suis satisfait d’eux, et pas seulement d’eux, il y a aussi les joueurs qui sont alignés avec eux à gauche et à droite.

Quelle impression vous a laissé N’Golo Kanté lors de ce stage et comment s’est-il intégré au groupe ?
Sans aucun souci. C’est un petit bonhomme toujours souriant. Dès la première minute où il a été avec nous, le groupe a tout fait pour le mettre dans les meilleures conditions. Sur le terrain, il a été sans complexe, ce qui n’était pas évident pour sa première titularisation. Il a fait de très bonnes choses, en tenant compte du fait que ce n’est que le début. C’est intéressant, ce qui ne veut pas dire que ceux qui n’ont pas joué n’ont pas des qualités aussi. Il est dans la continuité de ce qu’il fait avec son club, mais là, c’est au niveau international. C’est bien pour lui et pour l’équipe.

La fébrilité sur coups de pied arrêtés et les deux buts encaissés sur peu de situations concédées ont de nouveau mis en exergue les doutes dans le secteur défensif. Est-ce votre gros souci du moment ?
Non. Il y a une faute de marquage sur le premier but, ça vient après des changements où on doit répartir le marquage et on est en retard. Heureusement que tout n’est pas parfait, rien ne le sera, on peut toujours s’améliorer. Ils ont fait un bon enchaînement qui nous a mis hors de position sur le côté droit de notre défense. Ça peut être aussi le mérite de l’adversaire, cette équipe n’est pas là par hasard, elle est qualifiée pour l’Euro. Elle a le droit de nous mettre en difficulté aussi. Je ne vais pas faire une fixation non plus sur les coups de pied arrêtés, parce qu’on a aussi marqué deux fois sur ces situations. Il faut qu’on le garde, c’est important. C’est une équipe très efficace sur coups de pied arrêtés parce que ça culmine. Je ne vais pas demander à N’Golo Kanté de les prendre de la tête. Quand on a un déficit, on peut être en difficulté. On a pris ces buts, mais on a globalement bien défendu quand même. 

Ça fait sept victoires en huit matchs cette saison, la seule défaite étant intervenue dans ce match si particulier en Angleterre au mois de novembre (2-0). Est-ce significatif ?
C’est bien pour la confiance et la sérénité. Mais la vérité, ce sera au mois de juin. Même si ce sont des matchs amicaux, il vaut mieux les gagner, mais ça ne donne pas de garanties, juste de la tranquillité. Les compteurs seront remis à zéro avant le match d’ouverture contre la Roumanie le 10 juin.

Propos recueillis par G.S. au Stade de France

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