DiCaprio, Spotlight et Mad Max triomphent aux Oscars

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    par Jill Serjeant 
    LOS ANGELES, 29 février (Reuters) - Leonardo DiCaprio, "Mad 
Max : Fury Road" et l'inattendu "Spotlight" ont triomphé à la 
88e cérémonie des Oscars dimanche à Hollywood, lors d'une 
cérémonie animée par l'humour grinçant du comédien noir Chris 
Rock sur le racisme qui sévit encore aux Etats-Unis. 
    La sélection des récompenses cinématographiques américaines 
a suscité une énorme polémique en raison de l'absence d'acteurs 
noirs parmi les nommés, pour la seconde année consécutive, ce 
qui a poussé les organisateurs à promettre de favoriser à 
l'avenir une plus grande diversité. (voir   et 
 ) 
    Maître de cérémonie, Chris Rock a donné le ton en rappelant 
que les Afro-Américains ont longtemps été les grands absents de 
la sélection mais qu'ils avaient d'autres préoccupations à une 
époque où "leurs grand-mères étaient pendues aux arbres". 
    "Est-ce que Hollywood est raciste? Oui, absolument, mais 
c'est un racisme auquel vous vous êtes habitués", a lancé le 
comédien de stand-up. "S'ils avaient nommé le maître de 
cérémonie, je ne serais même pas là ce soir!" 
    "Il ne s'agit pas de boycotter", a poursuivi Chris Rock en 
notant les absences de Spike Lee et d'autres vedettes du cinéma 
afro-américain, puis en suggérant de dédier la cérémonie aux 
Noirs "tués par des policiers alors qu'ils faisaient la queue 
pour aller au cinéma". 
    "Nous voulons juste avoir les mêmes chances que les acteurs 
blancs", a-t-il insisté. 
     
    DICAPRIO ENFIN OSCARISÉ 
    Ce dimanche, le plus attendu des acteurs était sans conteste 
Leonardo DiCaprio qui, pour sa cinquième nomination, a enfin 
décroché, à 41 ans, le premier Oscar de sa carrière pour son 
rôle de trappeur animé par une soif de vengeance dans "The 
Revenant". 
    "The Revenant", qui dominait la sélection avec 12 
nominations, a obtenu deux autres statues, dont celle de 
meilleur réalisateur pour le Mexicain Alejandro Gonzalez 
Iñarritu, déjà sacré l'an dernier pour "Birdman". Aucun 
réalisateur n'avait été oscarisé deux ans de suite depuis Joseph 
L. Mankiewicz en 1950 et 1951.  
    Alejandro Gonzalez Iñarritu a aussi permis à son compatriote 
Emmanuel Lubezki de remporter l'Oscar de la meilleure photo pour 
la troisième année consécutive, une première dans l'histoire de 
l'Académie. 
    Mais "The Revenant" n'a pas totalement volé la vedette à 
"Spotlight" et à "Mad Max : Fury Road". 
    Le film de Tom McCarthy sur l'enquête des journalistes du 
Boston Globe qui ont fait éclater le scandale de la pédophilie 
au sein de l'Eglise catholique a reçu les statues du meilleur 
film et du meilleur scénario original. 
    Quant à "Mad Max", l'opus déjanté de l'Australien George 
Miller, qui présidera le prochain Festival de Cannes, il a 
obtenu pas moins de six récompenses techniques: meilleurs 
costumes, décors, maquillage et coiffure, montage, montage son 
et mixage son. 
    L'Oscar de la meilleure actrice a été attribué à Brie 
Larson, 26 ans, pour son rôle dans "Room". 
     
    "MUSTANG" S'INCLINE FACE AU "FILS DE SAUL" 
    Moins heureux que Leonardo DiCaprio, Sylvester Stallone qui 
rêvait lui aussi d'obtenir, à 69 ans, un premier Oscar pour 
avoir redonné vie à Rocky Balboa dans "Creed", a dû céder la 
vedette au Britannique Mark Rylance, couronné meilleur second 
rôle masculin pour sa composition d'agent secret russe dans "Le 
pont des espions", de Steven Spielberg. 
    Le meilleur second rôle féminin est revenu à la Suédoise 
Alicia Vikander, éblouissante dans "Danish Girl" et qui a 
notamment devancé l'ancienne partenaire de DiCaprio dans 
"Titanic", Kate Winslet. 
    Le prix du meilleur film d'animation a été décerné à 
Vice-Versa, la plongée proposée par Walt Disney et Pixar dans la 
tête et les émotions de Riley, une fillette de 11 ans. 
    L'Italien Ennio Morricone, 87 ans, a eu droit à une longue 
ovation de la salle lorsqu'il a reçu l'Oscar de la meilleure 
musique originale pour "Les huit salopards", de Quentin 
Tarantino, sa première statue après cinq nominations 
infructueuses et un Oscar d'honneur en 2007.  
    Le cinéma français, qui plaçait de grands espoirs dans 
"Mustang", l'un des cinq long-métrages en lice pour le trophée 
du meilleur film étranger, devra encore patienter pour trouver 
un successeur à "Indochine", récompensé en 1993. 
    Malgré un bon accueil de la critique américaine, le film de 
la réalisatrice Deniz Gamze Ergüven racontant la vie de cinq 
soeurs dans un village conservateur de Turquie n'a pas empêché 
le grand favori, Le fils de Saul, du Hongrois László Nemes, sur 
l'Holocauste, de décrocher l'Oscar après le Golden Globe. 
    Le court métrage de fiction "Ave Maria", de Basil Khalil et 
Éric Dupont, a également été devancé sans sa catégorie par 
"Stutterer".   
 
 (Tangi Salaün pour le service français) 
 
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