Diack soupçonné d'avoir touché plus d'un million d'euros

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(Actualisé avec réaction famille Diack) PARIS, 5 novembre (Reuters) - L'ancien président de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) Lamine Diack, mis en examen dans une affaire de corruption, est soupçonné d'avoir reçu en 2011 un peu plus d'un million d'euros de pots-de-vin pour taire les résultats positifs d'athlètes russes dopés, a-t-on appris jeudi de source judiciaire. Des soupçons pèsent sur six sportifs russes. Il est établi pour l'un d'eux seulement une participation indue aux Jeux olympiques de 2012, a-t-on précisé. "Il est difficile d'affirmer que l'intégralité des sommes perçues provient de la Fédération russe d'athlétisme, mais une partie a transité par elle", a dit à Reuters cette source judiciaire. "Les investigations vont s'attacher à déterminer la provenance de ces sommes", a-t-elle ajouté. La justice française a interpellé et placé en garde à vue Lamine Diack dimanche, après avoir été informé de sa présence sur le sol français, a indiqué cette source. Une caution de 500.000 euros lui a été demandée et il a dû rendre son passeport dans le cadre de son contrôle judiciaire, qui lui interdit de quitter la France. Il lui est également interdit d'entrer en contact avec tout autre protagoniste de l'affaire. Le Sénégalais, âgé de 82 ans, a été mis en examen pour corruption passive et blanchiment aggravé. Dans un communiqué transmis à Reuters, sa famille dénonce "des accusations excessives et insignifiantes", jugeant que cette "prétendue histoire de dopage est un nouvel épisode du feuilleton de l'acharnement" contre lui. Cet acharnement est lié aux "révélations" d'une télévision allemande "qui n'a jamais apporté de preuves", ajoute-t-elle. "Plus de 16 mois d'enquête de la commission d'éthique de l'IAAF dirigé par l'avocat anglais Michael Beloff n'ont encore rien donné de concret", souligne-t-elle, précisant que le comité d'éthique doit rendre ses décisions en décembre à Londres. Le conseiller juridique de Lamine Diack, Habib Cissé, a également été mis en examen, pour corruption passive, et il lui est interdit de quitter le territoire français ou de contacter des personnes du dossier. Un troisième homme, Gabriel Dolle, médecin et ancien administrateur anti-dopage de la Fédération internationale d'athlétisme, a par ailleurs été mis en examen mercredi pour corruption passive, a-t-on appris jeudi de source judiciaire. Dans le cadre de son contrôle judiciaire, il s'est vu imposer une caution de 100.000 euros ainsi qu'une interdiction de quitter le territoire et d'entrer en contact avec les autres protagonistes. (Chine Labbé, avec Diadie Ba à Dakar, édité par Sophie Louet et Gérard Bon)

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