Di Stéfano : "Je ne suis pas un héros, je ne suis personne"

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Di Stéfano : "Je ne suis pas un héros, je ne suis personne"
Di Stéfano : "Je ne suis pas un héros, je ne suis personne"

Alfredo Di Stéfano ? Un papy qu'on sortait de sa boîte à chaque nouvelle arrivée de Galactique au Real Madrid. Depuis la première période de son règne (Zidane, Figo, Ronaldo, etc.), Florentino Pérez honore le club de son enfance. Le tribut à sa tribu. L'été dernier, Bale, l'autre Ronaldo et Benzema ont eu droit au même accueil. Élu Ballon d'or des Ballons d'or en 1991, la "Flèche blonde" ne se réduisait pourtant pas seulement à ce VRP de luxe pour grandes opérations publicitaires. Interview.

Vous avez grandi dans les années 30. Quels souvenirs gardez-vous de votre enfance ? Les souvenirs de mon enfance ? Mon Dieu, ça remonte à un siècle tout ça ! (rires) À 6 ou 7 ans, je jouais déjà au football dans les rues de Barracas, mon quartier de Buenos Aires. On jouait à côté de notre école : tous les gamins la surnommaient la "Pisahuevos" (l'écrase-œufs, ndlr). J'ai eu une enfance heureuse, nous ne vivions pas dans la misère, même si mes parents étaient des gens plutôt modestes. Mon père travaillait pour une entreprise qui collectait des céréales. À l'époque tous ceux que je côtoyais étaient des ouvriers. Les "richards", je les ai connus après.
Pourquoi vous appeliez votre école la Pisahuevos ? Parce que le directeur de l'école avait une démarche bizarre. Il marchait sur la pointe des pieds, sans jamais poser les talons par terre. L'école, c'était comme une mi-temps. Tous les gamins attendaient la sortie pour aller jouer au foot. Avec les années, chaque pâté de maison s'est constitué une équipe, ce qui nous a tous permis de progresser. Une sélection naturelle entre tous les gamins a permis la naissance de l'équipe de "Once y Venceremos" (À onze nous vaincrons, ndlr). C'était ma première équipe. Un bonheur total. À mon époque, Buenos Aires respirait le football par tous les pores. Il y avait des matchs de football à tous les coins de rue. Et puis il y avait énormément de gamins. Dans chaque maison, il y avait au minimum dix enfants. Pour nous, le ballon, c'était comme un bonbon. Le dimanche, les hommes se levaient avec leur pyjama propre, ils se faisaient beau pour aller faire une petite promenade avant de revenir pour manger. Et à 13h, tout le monde allait au stade. Dans n'importe quel stade, du moment qu'il y avait un match de football. Le football dictait la vie des quartiers et celle des ouvriers.
On dit que vous avez été berger dans les champs… (Il coupe) Berger ? Non, je ne l'ai jamais été. Les bergers, ce sont ceux qui s'occupent des moutons. Moi, je travaillais dans les champs, et je surveillais parfois des vaches, mais je n'étais pas berger. En plus des céréales, mon père avait aussi 200 vaches à sa charge, j'étais donc un peu obligé de…


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