Dexia a coûté 6,6 milliards d'euros à l'Etat

le
5
DEXIA A COÛTÉ 6,6 MILLIARDS D'EUROS À L'ÉTAT
DEXIA A COÛTÉ 6,6 MILLIARDS D'EUROS À L'ÉTAT

PARIS (Reuters) - Le sinistre de la banque franco-belge Dexia a déjà coûté quelque 6,6 milliards d'euros à l'Etat français mais la facture totale pourrait s'avérer encore plus lourde, estime la Cour des comptes dans un rapport publié jeudi.

La Cour souligne la responsabilité de l'ancienne équipe dirigeante, qui a accentué les prises de risques dans les mois précédents la crise financière de 2008, le manque de vigilance du conseil d'administration et l'absence d'alerte des régulateurs, ainsi qu'une recherche tardive et incomplète des responsabilités.

"L'échec du sauvetage de Dexia a coûté à ce jour 6,6 milliards d'euros aux seules entités publiques françaises et des risques élevés et durables persistent pour les finances publiques", a déclaré le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, en présentant le rapport à la presse.

La Cour ne chiffre pas le risque pour les finances publiques dans le futur, qui vient selon elle surtout d'un éventuel décalage entre le scénario macroéconomique et financier retenu au moment du démantèlement de la banque, qui suppose le retour à des conditions normales en Europe, ce qui est loin d'être certain.

Ces risques tiennent d'abord à l'extinction prévue de Dexia, dont le modèle reste très sensible à une augmentation des taux d'intérêt, et qui aura selon la Cour un horizon bien plus lointain que 2020.

Ils tiennent également selon elle, au financement des collectivités locales et notamment aux "emprunts toxiques", dont certains font l'objet de contentieux et qui sont susceptibles de provoquer des défauts de paiement.

Les risques liés aux garanties apportées à la banque par l'Etat français sont quant à eux jugés faibles.

S'agissant des coûts pour les finances publiques déjà enregistrés, ils dépassent légèrement 6,6 milliards, dont 2,7 milliards pour l'Etat lui-même et 3,9 milliards pour la Caisse des dépôts, son bras armé financier.

Jean-Baptiste Vey, édité par Jean-Michel Belot

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M3182284 le jeudi 18 juil 2013 à 15:38

    Dexia a financé des régions insolvables et a aggravé son cas avec un abus de l'effet de levier. Il y a eu des enrichissements personnels conséquents; ces proessionnels se replacent très bien ailleurs grace à leurs compétences en infrastructure et financement municipal etc.

  • M1531771 le jeudi 18 juil 2013 à 15:27

    Et curieusement aucun de ses cadres dirigeants n'a vu ses biens saisis pour dédommager la France !

  • mlemonn4 le jeudi 18 juil 2013 à 15:27

    Pas l'Etat, mais les contribuables Français; la facture des emprunts toxiques de Dexia souscrits par nos élus/politiques des collectivités locales n’est pas finie pour autant car elle va plus que doubler; bien qu’ils ne comprenaient rien, ils ont souscrit les yeux fermés! Quand on ne comprend pas, alors on ne fait pas, on n'achète pas ou ne souscrit pas! Problème, en étant à la fois juge et partie, ils savent toujours à un moment solliciter leur motivation pour faire malgré tout!

  • pichou59 le jeudi 18 juil 2013 à 15:14

    pour la pomme des petits contribuables : La Cour souligne la responsabilité de l'ancienne équipe dirigeante : tiens donc!!!! Le 24 octobre 2008, le Sénateur-maire de Dijon, François Rebsamen, membre du parti socialiste, démissionnait de ses fonctions d'administrateur de Dexia, Officieusement, pour désamorcer la polémique sur les jetons de présence.En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/politique/dexia-rebsamen-part-les-autres-restent_639459.html#9G5oLVGPXySoGvRJ.99

  • grinchu1 le jeudi 18 juil 2013 à 14:50

    merci d'écrire "aux contribuables"...

Partenaires Taux