Devises: sommet de presque 6 mois pour l'euro/dollar.

le
0

(CercleFinance.com) - Rien à faire : en ce 1er avril, premier jour du mois où la BCE augmente du tiers le montant de son QE, la monnaie unique européenne dépasse de nouveau les 1,14 dollar. Du jamais vu depuis le 15 octobre ! Alors que l'un des effets attendus du QE était la baisse de l'euro, ce dernier a regagné presque 6% contre le dollar en un an. Ce midi, l'euro prend 0,21% face au billet vert à 1,1406 dollar.

L'euro prend aussi 0,59% contre la livre sterling à 0,7969, toujours confrontée au risque de 'Brexit', tout en restant neutre face au franc suisse comme au yen.

C'est en effet aujourd'hui que prend effet le relèvement de 60 à 80 milliards d'euros du programme mensuel de rachat d'actifs obligataires de la BCE, comme l'a annoncé Mario Draghi le 10 mars dernier. La Fed, qui a lancé ses premiers QE (pour 'quantitative easing') au début de la crise financière, à la toute fin de l'année 2008, y a mis fin en 2014. Elle est maintenant engagée, quoi qu'à petite vitesse, dans le relèvement de ses taux directeurs alors que la BCE vient d'abaisser le principal des siens à 0%.

Schématiquement lors d'un QE, la banque centrale rachète en masse actifs d'une qualité moindre, ce qui gonfle et dégrade la qualité de son bilan. Or ce dernier constitue la contrepartie ultime de la devise dont elle a la charge : en conséquence, la valeur relative de sa devise, à l'occurrence l'euro, devrait baisser. D'autant qu'associé à des “taux zéro”, cette politique tire en territoire négatif les rendements européens de long terme. Par exemple, le rendement du 'Schatz', l'obligation à deux ans de l'Etat allemand, est à ce jour de - 0,49%.

Or ces derniers mois, il n'en est rien : depuis le début de l'année, l'euro a gagné plus de 8% contre le livre sterling, ce qui peut s'expliquer par le risque de Brexit. Mais il aussi repris 5% face au dollar américain, à la roupie indienne et au yuan chinois continental, ainsi que 6,4% contre le dollar de Hong Kong. “Ce qui complique sensiblement le travail de la BCE”, commentent ce matin les cambistes de Société Générale.

Quoiqu'il en soit, “les investisseurs restent globalement prudents, dans l'attente de la publication des statistiques sur le marché du travail et de l'ISM manufacturier aujourd'hui”, indiquait-on ce matin chez Aurel BGC.

Du côté de l'emploi américain, le consensus table à cette heure sur de 205.000 à 210.000 créations de d'emplois non agricoles en mars, après 172.000 en janvier et 242.000 en février. Le taux de chômage devrait rester inchangé au bas niveau de 4,9%. 'L'élément-clé de cette publication devrait résider dans le salaire horaire', estime IG, selon lequel une baisse en rythme mensuel laisserait entrevoir une récession aux Etats-Unis.

Toujours aux Etats-Unis, le marché prendra aussi connaissance des indices PMI et ISM manufacturiers, ainsi que de celui mesurant la confiance des consommateurs selon l'université du Michigan, et enfin des dépenses de construction pour le mois de février.

EG

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux