Devises: périlleux 'grand oral' en vue pour Mario Draghi.

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(CercleFinance.com) - Plus que jamais, les regards des opérateurs de changes sont ce midi tournés vers l'issue du conseil des gouverneurs de la BCE, c'est-à-dire la conférence de presse animée par son président Mario Draghi. Dans l'ensemble, de nouvelles mesures d'assouplissement sont attendues. Ce qui peut expliquer la pesanteur de l'euro face au dollar (- 0,26% à 1,0969), mais aussi face à la libre (- 0,25% à 0,7717) et au franc suisses (- 0,18% à 1,0953). En dépit de la stabilité observée face au yen (+ 0,02% à 124,64).

Ce matin par exemple, la société de gestion suisse Mirabaud Asset Management (AM) formulait des prévisions peu ou prou conformes aux attentes du marché. Selon les spécialistes, la BCE devrait annoncer tout à l'heure une augmentation de l'enveloppe mensuelle consacrée aux rachats d'actifs obligataires (son QE, selon l'expression américaine) de dix milliards d'euros par mois, ce qui la porterait de 60 à 70 milliards. Le taux de dépôt bancaire, soit - 0,30%, devrait encore être abaissé de 10 points de base.

“Ces décisions sont largement anticipées sur les marchés et pourraient être un 'non-événement'”, estime-t-on chez Aurel BGC.

Mirabaud AM, pour qui dans cette affaire “le diable sera dans les détails”, n'exclut pas que la BCE annonce un système permettant d'alléger le poids que les taux d'intérêts négatifs font peser sur les résultats des banques : il pourrait s'agir d'un “two-tiered system” selon lequel “la banque centrale pourrait instaurer un seuil d'exemption en dessous duquel les banques commerciales ne paieraient pas d'intérêts négatifs” lié au taux de dépôt négatif.

Et les spécialistes d'expliquer : “cette mesure serait bénéfique pour les banques françaises et allemandes qui détiennent le plus de réserves excédentaires auprès de la BCE, mais elle ne permettrait pas de compenser la pression sur les marges auxquelles elles feront face.” A suivre.

Et Mirabaud AM de mettre en garde : “les attentes du marché sont élevées et une déception est à craindre si la BCE ne délivre pas ce qui est attendu d'elle”.

Chez Aurel BGC, on insiste d'ailleurs sur le caractère périlleux de l'exercice de communication auquel Mario Draghui va se livrer : “la clef de la réaction du marché dépendra de la capacité de la BCE à assouplir de manière supplémentaire sa politique monétaire sans donner l'image aux investisseurs qu'elle affaiblit la situation le bilan des banques européenne par des taux négatifs. Ainsi, une simple annonce d'une baisse du taux de dépôt sans mesure d'accompagnement pourrait être un élément négatif sur le comportement des marchés. A l'opposé, la BCE doit mettre en place un mécanisme lisible, éviter une ' usine à gaz ', autour de cette nouvelle baisse du taux de dépôt”.

EG

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