Devises: les créations de postes des Etats-Unis en vue.

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(CercleFinance.com) - La torpeur estivale n'était pas un vain mot vendredi midi sur le marché des changes avant une statistique américaine majeure, le rapport sur l'emploi du mois dernier. A cette heure, la monnaie unique européenne grappillait 0,11% à 1,1142 dollar, ainsi d'ailleurs que face au franc suisse (+ 0,12% à 1,0857), en se tassant tout aussi symboliquement de 0,08% contre le yen à 112,49, et de 0,23% face à la livre sterling à, 0,8466.

Notons cependant que face à la livre sterling, l'euro se traitait, hier avant l'annonce de sa décision par le comité de politique monétaire de la Banque d'Angleterre, vers 0,8350 livre l'euro.

Pour les spécialistes de M&G Investments, au Royaume-Uni, 'il n'y a actuellement aucune preuve statistique que le marché du travail se détériore ou que l'inflation soit un problème. Face à l'incertitude économique provoquée par le vote du Brexit, le comité a décidé d'agir pro-activement, rapidement, largement et de façon décisive afin de limiter les dégâts qu'une contraction des investissements des entreprises et de la consommation des ménages pourrait avoir sur l'économie britannique. Malgré les décisions prises ce jour, il reste à voir si cela sera suffisant.'

Selon Saxo Banque, “la Banque d'Angleterre est allée nettement au-delà des attentes du marché en dévoilant un impressionnant arsenal pour lutter contre le ralentissement économique engendré par le Brexit”.

Ainsi, le principal taux directeur est abaissé de 0,50 à 0,25%. De plus, le programme de rachats d'obligations d'Etat est augmenté de 60 milliards de sterlings, et la banque centrale de Threadneedle Street va aussi s'engager à racheter des obligations d'entreprise, en allant jusqu'à dix milliards de livres.

Autant de mesures plus accommodantes encore qui, par nature, plombent la valeur relative de la livre sterling face à ses grandes contreparties. “Les obligations souveraines du pays ont chuté à un point bas historique. Le rendement de l'obligation à 30 ans a atteint, pour la première fois, 1,5%”, ajoute Saxo Banque.

Qui plus est, le gouverneur de l'établissement, Mark Carney, n'a pas exclu de nouvelles mesures si la conjoncture venait à l'exiger. A plus court terme, c'est probablement le gouvernement de Theresa May qui annoncera des mesures de soutien budgétaires. “On peut dire adieu à la livre sterling !”, en conclut Saxo Banque.

Une opinion partagée par les cambistes de Société Générale qui, 'à moyen terme, restent baissiers pour le sterling, tant face au dollar (une parité de 1,20/1,25 dollar la livre est visée) que face à l'euro (avec une cible de 0,90 livre l'euro)”.

Au-delà des annonces britanniques, les opérateurs de changes sont suspendus au rapport mensuel sur l'emploi américain que le Bureau of Labor Statistics publiera tout à l'heure. Le consensus se veut relativement optimiste, en misant sur 180.000 créations de postes environ en juillet, après 287.000 en juin.

'Cet indicateur doit avant tout rassurer les investisseurs sur la solidité de la croissance américaine. La première estimation du PIB du second trimestre du BEA est clairement décevante', rappelle Aurel BGC.

En effet, ajoutent les spécialistes, “les chiffres de revenus et de consommation des ménages, sur juin, ont montré une faible croissance du revenu disponible et une réduction de leur taux d'épargne. Ce mouvement est positif sur la croissance du second trimestre, mais sans des gains salariaux plus dynamiques, les dépenses des ménages pourraient rapidement s'essouffler.“

EG

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