Devises: l'euro corrige une partie seulement de ses gains.

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(CercleFinance.com) - Plus que prévu : à la différence de la réunion de décembre dernier, où la BCE avait annoncé des mesures nouvelles inférieures aux attentes, Mario Draghi a fait fort hier, notamment en augmentant la taille de son “QE” de près du tiers. Et pourtant, la réaction de l'euro... a été de s'apprécier par rapport au dollar jusqu'à dépasser les 1,12 dollar hier et ce matin. Même si la devise européenne se tasse de 0,84% ce midi à 1,1085 dollar, elle reste près d'un centime au-dessus de son niveau à la veille de la réunion de la BCE.

Par ailleurs, l'euro se tasse de 0,32% à 126,12 yens, de 0,91% à 0,7756 sterling, et de 0,45% contre le franc suisse à 1,0958.

Schématiquement, lorsqu'une banque centrale (en l'espèce la BCE) alourdit et dégrade la qualité de son bilan en le lestant d'actifs obligataires de moins bonne qualité, la valeur relative de la devise dont elle a la charge (en l'espèce l'euro) tend mécaniquement à baisser. Mais ce n'est pas ce qui s'est produit hier.

Et pourtant, “la BCE a annoncé de très fortes mesures pour relancer la croissance et l'inflation en zone euro, bien au-dessus des attentes du marché”, commentent les analystes de Mirabaud AM. En effet, l'établissement émetteur de la zone euro a (encore) abaissé la plupart de ses taux directeurs, dont le “refi” (de 0,05% à 0%) et le taux de dépôt (abaissé de - 0,30 à - 0,40%), en augmentant de près du tiers l'enveloppe mensuelle de rachat d'actifs obligataires (le fameux QE ; + 20 milliards mensuels, à 80 milliards d'euros), dont l'univers d'investissement a été étendu aux obligations d'entreprises non bancaires de qualité d'investissement, et en annonçant de nouveaux 'trains' de mesures de refinancement bancaires à long terme, les TLTRO.

Selon Didier Saint-Georges, qui appartient au comité d'investissement de la gestion parisienne Carmignac, “la BCE continue de faire ce qu'elle peut pour assouplir les conditions financières pour tous les agents économiques de la zone euro. Cela pourrait être assez pour permettre aux marchés de poursuivre leur somnambulisme quelques temps.”

Critique, M. Saint-Georges rappelle que la BCE a parallèlement écrêté ses prévisions de croissance. D'ailleurs, estime-t-il, “la situation économique globale continue de se détériorer et affecte désormais la zone euro”, et de toute façon “le quantitative easing (QE) n'a pour l'instant pas eu les effets attendus”.

Selon les analystes de Mirabaud AM, 'le taux de change euro/dollar s'est fortement déprécié (hier) sur l'annonce de la baisse des taux d'intérêt négatifs, mais s'est réapprécié après un commentaire de Draghi sur le fait que les taux d'intérêt n'iraient pas plus bas.'

Pour les cambistes de Société Générale, les variations aussi fortes que contradictoires de l'euro/dollar après les décisions de la veille 'ont reflété la manière dont, dans un premier temps, la BCE a réussi son coup en annonçant plus que ce qui était attendu puis, dans un second temps, la déception liée au fait que de nouvelles baisses (de taux) n'ont pas été annoncées'.

De plus, il faut aussi tenir comptes des anticipations plutôt 'faucon', animal symbolisant les politiques monétaires restrictives par opposition à la colombe, alors que la Réserve fédérale américaine se réunira la semaine prochaine.

EG

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