Devises: l'effet Trump est toujours de mise.

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(CercleFinance.com) - Mardi midi sur le marché des changes, le billet vert américain se traitait à son plus haut niveau depuis fin 2015 face à la monnaie unique européenne. En cause : la révision à la hausse des anticipations de croissance aux Etats-Unis en vue de la “relance budgétaire” promise par le futur président, Donald Trump. Alors qu'il avait atteint un temps les 1,13 dollar la semaine passée, l'euro, malgré un petit rebond de 0,28% ce matin, se traite 1,0773 dollar, en s'offrant des hausses d'une ampleur similaire contre le yen et le franc suisse.

Face au sterling, l'euro prend 0,97% à 0,8677.

“Le dollar continue à bénéficier de 'l'effet Trump'”, commente Aurel BGC ce matin. “L'opinion des marchés a évolué”, constatent les spécialistes de SYZ Asset Management : “convaincus jusqu'alors que les taux stagneraient à de bas niveaux sur la durée, les investisseurs tablent désormais sur (un durcissement) des taux”.

Et les spécialistes de SYZ de poursuivre : ce “repositionnement s'explique par l'évolution de la conjoncture macroéconomique et par les risques que représentent l'assouplissement budgétaire susceptible d'avoir lieu aux Etats-Unis, la monétisation de la dette japonaise et le resserrement éventuel de la politique monétaire de la BCE”.

En effet, l'élément central du programme du futur 45e président des Etats-Unis, Donald Trump, est formé de baisses massives d'impôts sur les entreprises (le “statutory rate” de l'impôt fédéral sur les bénéfices serait ramené de 35% à 15%), et aussi sur les ménages. Sans oublier un programme de grands travaux d'infrastructures.

Dans ce contexte, les profits des entreprises, élément central des valorisations boursières, et la conjoncture américaine en général s'annonceraient plus porteuses que prévu (avec une prévision de 2% de croissance en 2017 et 2018, selon la Fed en septembre). Du moins si le président Trump met en musique ces promesses du candidat Trump, car le Congrès, d'une tonalité républicaine plus conventionnelle, pourrait trouver à y redire.

Dans ce contexte, un nouveau “tour de vis” de la part de la Fed semble plus assuré. A en croire l'indicateur FedWatch du CME, la probabilité implicite de voir la Réserve fédérale américaine relever ses taux le 14 décembre, qui était chiffrée à un peu plus de 70% en fin de semaine dernière, est devenue plus certaine encore : elle atteint désormais 85,8%.

Le dollar est également porté par certaines statistiques décevantes de la matinée pour la zone euro : ainsi, la croissance du PIB allemand pour le 3 trimestre, en rythme séquentiel, est ressortie à + 0,2%, contre + 0,3% attendu par le consensus. “Le dynamisme de l'économie italienne a surclassé celui de l'Allemagne au 3e trimestre”, constatent les analystes de Capital Economics, et ce pour la première fois depuis le 1er trimestre 2015.

Et ce même si à l'échelle de la zone euro, ce taux est ressorti - comme attendu - à + 0,3%. Capital Economics n'en estime pas moins qu'il s'agit là d'une performance “franchement décevante” pour l'union monétaire européenne, étant donné la forte baisse des prix de l'énergie et une politique monétaire exceptionnellement laxiste. Et comme l'effet de la la baisse des prix du pétrole commence à se tasser, Capital Economics estime que la croissance de la zone euro ralentira de 1,5% cette année à 1% en 2017.

Chez Société Générale, les cambistes estime qu'“en Europe, les facteurs politiques sont prédominants sur le marché des changes. Il est est difficile de défendre une option haussière sur l'euro avant le résultat du référendum italien', prévu le 4 décembre.

Quid de l'agenda macro-économique de l'après-midi aux Etats-Unis ? “Les indicateurs américains attendus aujourd'hui (comme les ventes au détail et l'indice manufacturier de la Fed de New York) ainsi que les discours de Rosengren et de Fisher du FOMC (le comité de politique monétaire de la Fed, ndlr) devraient confirmer qu'une hausse des taux de la Fed est toujours probable le mois prochain, d'une ampleur de 25 points de base au maximum”, pronostiquent les spécialistes de Saxo Banque.

EG

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