Devises: encore une séance de baisse pour l'euro.

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(CercleFinance.com) - Vendredi midi sur le marché des changes, la monnaie unique européenne accusait toujours le coup face au dollar en alignant les séances de baisses (environ une dizaine) après l'élection de Donald Trump. Ce midi, l'euro se tasse encore de 0,09% à 1,0617 dollar, non sans avoir “cassé” la barre symbolique de 1,0600 dollar en matinée, une première depuis un an. Les 1,13 dollar un temps dépassé le 9 novembre semblent de plus en plus loin.

En baisse de plus de 2% contre le dollar sur la semaine, la monnaie unique européenne a perdu près de 4% de sa valeur depuis l'Election Day aux Etats-Unis Après l'élection de Donald Trump et la perspective d'une “relance budgétaire” qui pourrait doper croissance et inflation aux Etats-Unis, les rendements se tendent : le T-Bond fédéral à dix ans rapporte maintenant 2,33%, ce qui suscite un regain d'intérêt pour les actifs en dollars.

Hier, Janet Yellen, la présidente de la Fed, est intervenue officiellement pour la première fois depuis l'élection de M. Trump, qui l'avait mise en cause pendant sa campagne. La patronne de la banque centrale américaine a d'abord indiqué qu'elle comptait rester en place jusqu'à la fin de son mandat, en 2018, et que la loi bancaire Dodd-Frank, également attaquée par Donald Trump, lui semblait nécessaire. Ce qui pouvait sonner comme une réponse ferme de Janet Yellen au “president-elect” Donald Trump.

Concernant la macro-économie, elle a répété que sous réserve d'indicateurs favorables, les taux courts pourraient être relevés 'relativement rapidement', confirmant l'hypothèse des marchés qui anticipent massivement un relèvement de 0,25-0,50% à 0,50-0,75% dès le FOMC des 13 et 14 décembre. Mme Yellen a aussi confirmé que le mouvement serait graduel.

Après le vote du Brexit et l'élection de Donald Trump, Oddo incite à ne pas oublier la prochaine source d'incertitude politique au menu : le référendum constitutionnel d'Italie, prévu le 4 décembre. Les sondages prédisent que le projet de texte, qui vise à redonner plus de pouvoirs à la chambre basse pour 'stabiliser' les gouvernements, risque fort d'être repoussé. D'autant que les peuples tendent à répondre, lors des référendums, à une autre question que celle qui leur est posée.

Faut-il redouter le 4 décembre ? Non, selon Oddo : “un rejet de la réforme n'implique pas que l'Italie s'apprête à quitter l'Europe. Ses conséquences ne sont donc pas systémiques”. Les marchés financiers ne sont pas dans l'état déplorable de 2011/2012, et la BCE veille au grain. “Un divorce entre l'Italie et les institutions européennes requiert d'abord et avant tout de changer la constitution, chose dont on perçoit combien c'est compliqué. Il faudrait un très large consensus en ce sens”, ajoute Oddo. “Le risque qu'un référendum de type Brexit puisse être organisé en Italie dans un cadre légal et contraignant est extrêmement faible. (...) Le “non” à Renzi est en fait le scénario du statu quo institutionnel, ce n'est pas un saut dans l'inconnu comme l'ont choisi les Britanniques”, terminent les spécialistes.

C'est finalement de la BCE que pourrait provenir le prochain facteur négatif pour l'euro. La banque centrale dirigée par Mario Draghi réunira son conseil des gouverneurs le 8 décembre, ce qui pourrait selon Commerzbank témoigner de la divergence de sa politique avec celle de la Fed. “Début décembre, la BCE va sans doute étendre son programme de rachats”, assurent les spécialistes, avant une réduction de voilure dès l'année prochaine devant la rareté des “papiers” éligibles disponibles. A suivre.

EG

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