Devises: 2015, une année de faiblesse pour l'euro.

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(CercleFinance.com) - Mercredi 31 décembre à midi sur le marché des changes, la monnaie unique européenne semblait attendre la fin de l'année 2015 avec une certaine lassitude : face au dollar, au sterling et au yen, ses variations s'étagent entre - 0,04% et + 0,05%. Mais sur un an, la devise du Vieux Continent a perdu 10% environ de sa valeur contre ces trois contreparties.

Pour l'heure, l'euro s'échange donc 1,0930 dollar, 0,7374 sterling et 131,64 yens. Il prend cependant 0,13% face au franc suisse à 1,0821.

En 2015 et pour l'heure, l'euro se sera sensiblement dévalué contre le franc suisse (- 10%), le dollar (- 9,7%), le yen (- 9,1%), et dans une moindre mesure contre la devise britannique (- 5%).

Pour ce qui est de l'euro/dollar, rappelons que l'un des grands déterminants de la valeur d'une devise est l'économie qui l'utilise. Or selon le FMI, si la croissance américaine s'annonce à 3,1% en 2015, avec un retour au quasi-plein emploi, avant 3,6% en 2016 selon les prévisions d'octobre FMI, quand celles de la zone euro sont respectivement de 1,5% et 1,6%. De ce point de vue, l'avantage va clairement aux Etats-Unis.

Autre déterminant clé de la valeur d'une monnaie : l'état et l'évolution du bilan de la banque centrale qui en a la charge. De ce point de vue, les rachats d'actifs obligataires en masse (les fameux QE) menés dès fin 2008 par la Réserve fédérale ont plombé son bilan, et par ricochet la valeur du dollar. Mais la Fed a stoppé son QE à l'automne 2014 et si elle conserve les titres achetés dans le cadre de ces opérations, elle n'en ajoute plus : son bilan a donc cessé de se dégrader.

A l'inverse, la BCE s'est engagé dans un QE important au printemps 2015. Elle l'a maginalement amplifié au début du mois de décembre et indique qu'elle pourrait l'accroître encore en 2016 : à l'inverse de la Fed, la BCE, elle, abaisse de plus en plus la qualité de son bilan, et pourrait encore passer une vitesse supplémentaire. La valeur relative de l'euro en subit les conséquences.

Enfin, si la BCE a abaissé cette année la plupart de ses taux directeurs au plus près de zéro, sinon en dessous, la Fed a relevé mi-décembre son principal taux administré de 0-0,25% à 0,25-0,50%. Jamais cet outil monétaire conventionnel n'avait été relevé depuis mi-2006...

Les conséquences de cette décision sur les taux d'intérêt à long terme ne se font pas attendre : le rendement de l'emprunt d'Etat fédéral américain à 2 ans atteint pour l'heure 1,07%, soit son plus haut niveau en cinq ans alors qu'il n'était que de 0,72%à la fin du mois d'octobre.

A l'inverse, le produit équivalent en Allemagne, le Schatz, 'rapporte' un taux d'intérêt vraiment négatif (- 0,34%) alors qu'il était à peine passé sous la barre des 0% voilà un an.

Dans ce contexte, les investisseurs préfèrent sans surprise les produits d'investissement de taux des Etats-Unis à ceux d'Europe, entraînant des flux de capitaux qui tendent eux aussi à faire baisser la valeur de l'euro/dollar.

EG

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