Devant tout va bien, mais derrière rien ne bouge

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Si les Bleus ont offert un festival offensif à leur public mardi soir, la défense de l'équipe de France a encore montré des signes de fébrilité sur les rares occasions adverses. A deux mois de l'Euro, le temps presse pour Didier Deschamps.

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL AU STADE DE FRANCE

Un titulaire annoncé sort, un autre rentre. Pour ce deuxième match amical de la semaine, Didier Deschamps avait décidé de titulariser Bacary Sagna dans le couloir droit en lieu et place de Christophe Jallet, et avait remplacé Laurent Koscielny par Mamadou Sakho dans l’axe. Une sixième association entre les quatre défenseurs du soir en équipe de France qui a encore une fois déçu. Car comme trop souvent ces derniers mois, la défense des Bleus n’a pas répondu présente, au contraire d’un secteur offensif explosif et plein de promesses. Absolument pas inquiétée en première période, l’arrière-garde tricolore s’est fissurée au retour des vestiaires en même temps que Jérémy Mathieu s’est blessé moins de cinq minutes après son entrée en jeu, confirmant l’adage qui veut que son histoire avec les Bleus soit assez compliquée.

Entré à la place du Barcelonais, Lucas Digne a vécu une adaptation pénible sur le flanc gauche. En retard sur un contre russe, le latéral romain a concédé un coup-franc qui amène le premier but russe de la soirée. But inscrit de la tête par Kokorin, qui a profité d’un marquage lâche de… Digne. Avec à la clé, un nouveau but encaissé sur coup de pied arrêté… Déjà entré en jeu au moment où les Bleus ont flanché défensivement aux Pays-Bas, l’ancien Parisien n’aura pas profité de ce rassemblement pour marquer des points face à la solide concurrence (Trémoulinas et Kurzawa notamment). Autre défenseur particulièrement scruté contre la Russie, Mamadou Sakho a fait du Mamadou Sakho. Rarement élégant dans ses interventions, parfois limite, le joueur de Liverpool ne représente pas une assurance tout-risque pour les Bleus mais fait le travail avec solidité.

Evra bien mieux que Sagna

Associé à Raphaël Varane, dont on attend qu’il soit le vrai patron de cette défense, l’ancien Parisien a donné de la voix et confirmé qu’il avait des prédispositions supérieures à ses coéquipiers pour incarner le leadership de la défense française. Mais dans le jeu, le Madrilène s’est cette fois montré plus rassurant. Certes un peu en retard sur le deuxième but russe, Varane a donné l’impression de monter en puissance au fil des minutes. Mais on attend forcément plus de l’un des trois inamovibles de ce secteur défensif, en compagnie d’Hugo Lloris, impuissant sur les deux buts, et de Patrice Evra, auteur d’un bon match jusqu’à sa sortie à la mi-temps. De l’autre côté, Bacary Sagna n’a pas rencontré beaucoup d’adversité jusqu’à cette montée rapide sur le deuxième but des visiteurs. Pris de vitesse, le latéral de Manchester City a affiché ses limites sur cette offensive adverse amenant cette réalisation.

Plus offensif que Bacary Sagna, Patrice Evra se fond mieux dans le 4-3-3 résolument porté vers l’avant de l’équipe de France. Plusieurs fois, le Turinois a été vu en train d’apporter le surnombre dans les trente derniers mètres adverses. Mais clairement, cette défense française n’apporte aucune garantie à Didier Deschamps. Ce mardi soir, elle a encaissé deux buts sur les deux seuls tirs cadrés de la Russie ! Le sélectionneur est mieux placé que quiconque pour savoir que les grands succès du football français se sont bâtis sur des défenses hermétiques. Et que ce soit en 1998, en 2000 ou en 2006, les sélectionneurs en place connaissaient leurs hommes avant le début de la compétition. Sans l’ombre d’un doute. Ce n’est pas le cas de l’ancien entraîneur de Marseille.

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