Deuxième séisme meurtrier en moins de deux jours au Japon

le , mis à jour à 08:34
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 (Bilan actualisé, précisions § 1 à 5, 7 à 9 et 12) 
    par Elaine Lies et Linda Sieg 
    TOKYO, 15 avril (Reuters) - Un nouveau séisme de magnitude 
7,3 a frappé dans la nuit de vendredi à samedi le sud du Japon, 
faisant au moins 16 morts et des centaines de blessés selon les 
médias japonais, à peine plus de 24 heures après une première 
secousse ayant tué neuf personnes dans la même région. 
    Près de 80 personnes seraient coincées sous les décombres 
d'immeubles effondrés, a dit le secrétaire général du 
gouvernement, Yoshihide Suga, des incendies se sont déclarés, le 
réseau de transport est endommagé et quasiment 170.000 foyers 
sont privés d'électricité et 385.000 privés d'eau. 
    Les autorités craignent des dégâts sur une zone étendue, 
autour de la ville de Kumamoto, sur l'île de Kyushu, à un 
millier de kilomètres au sud-ouest de Tokyo. 
    Les riverains d'un barrage ont reçu un ordre d'évacuation 
par crainte d'une rupture de l'édifice, rapporte la télévision 
publique NHK. Plusieurs entreprises dont Sony, Mitsubishi 
Electric et Honda ont stoppé leur production dans des usines de 
la région pour évaluer les dégâts. 
    Une alerte au tsunami a été déclenchée avant d'être levée.   
  Aucune irrégularité en revanche n'a été signalée dans la 
centrale nucléaire en activité de Sendaï, à une centaine de 
kilomètres au sud de Kumamoto, de même que sur les sites 
nucléaires de Genkaï, également sur l'île de Kyushu, et d'Ikata, 
sur l'île voisine de Shikoku, précise la NHK. 
    Des habitants toujours choqués par le premier séisme survenu 
jeudi se sont précipités dans les rues après cette secousse 
survenue samedi à 01h25 (16h25 GMT vendredi). 
    Dans son dernier bilan en date, la NHK fait état de 16 morts 
et de plus de 1.000 personnes hospitalisées.  
    Un incendie s'est déclaré dans ce qui semble être un 
immeuble résidentiel à Yatsushiro, à une quarantaine de 
kilomètres au sud de Kumamoto, et des personnes étaient prises 
au piège sous les décombres d'une maison de retraite à Mashiki, 
selon la NHK. 
    Des équipes de secours étaient déployées au lever du jour à 
la recherche de survivants dans les zones touchées. 
     
    RÉPLIQUES 
    Des renforts vont être envoyés ainsi que des policiers, des 
pompiers et des équipes médicales, a dit Yoshihide Suga. 
    Arrivant à son bureau, le Premier ministre, Shinzo Abe, a 
déclaré à la presse que son gouvernement faisait tout son 
possible pour déterminer l'étendue des dégâts, porter secours 
aux personnes touchées et informer la population. 
    "Rien n'importe plus que la vie, et c'est une course contre 
le temps", a-t-il dit lors d'une réunion de son gouvernement. 
"Je veux que les opérations de secours se poursuivent en 
déployant tous les efforts possibles", a ajouté Abe. 
    Le réseau de transports a subi d'importants dégâts. Un 
tunnel s'est effondré, un pont sur une autoroute a été 
endommagé, des routes ont été bloquées par des éboulements et le 
transport ferroviaire a été suspendu, rapportent les médias 
japonais. 
    De fortes pluies sont prévues dans les jours à venir, ce qui 
pourrait provoquer de nouveaux glissements de terrain et 
fragiliser davantage les infrastructures, a mis en garde 
l'agence météorologique japonaise. 
    L'épicentre du séisme a été localisé près de Kumamoto, à une 
profondeur de 10 km seulement, indique le centre américain de 
veille géologique (USGS). 
    Un premier tremblement de terre de magnitude 6,4 a frappé 
cette même région jeudi soir et a été suivi de dizaines de 
répliques tout au long de la journée de vendredi. 
    "Le séisme de jeudi a pu être un précurseur de celui-ci", a 
commenté Shinji Toda, professeur à l'Université Tohoku, sur NHK. 
    Le tremblement de terre de samedi a été 22 fois plus 
puissant que celui de jeudi en terme d'énergie libérée, d'après 
l'USGS. Au moins 50 répliques ont été recensées samedi, dont 
deux avec une magnitude proche de 6. 
    "Nous ne serions pas surpris d'assister à d'autres séismes 
de cette ampleur", a dit John Bellini, géophysicien à l'USGS. 
    Le Japon, situé sur l'une des failles qui bordent l'océan 
Pacifique, est régulièrement frappé par des tremblements de 
terre. 
    Un séisme de magnitude 9 survenu le 11 mars 2011 au large du 
nord de l'archipel a déclenché un puissant tsunami. Cette double 
catastrophe naturelle a fait près de 20.000 morts et en a 
provoqué une troisième, nucléaire, à la centrale de 
Fukushima-Daiichi, dont des réacteurs sont entrés en fusion. 
 
 (Avec Kiyoshi Takenaka, William Mallard, Chris Gallagher et 
John Herskovitz; Nicolas Delame, Pierre Sérisier et Bertrand 
Boucey pour le service français, édité par Henri-Pierre André) 
 
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