Deuxième journée d'inspections des experts de l'Onu près de Damas

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DEUXIÈME JOURNÉE D'INSPECTIONS DES EXPERTS DE L'ONU PRÈS DE DAMAS
DEUXIÈME JOURNÉE D'INSPECTIONS DES EXPERTS DE L'ONU PRÈS DE DAMAS

par William Maclean et Oliver Holmes

BEYROUTH (Reuters) - Des experts des Nations unies sont entrés mercredi en zone rebelle dans la banlieue de Damas, pour la deuxième fois en trois jours, afin d'enquêter sur l'attaque chimique présumée qui aurait fait plusieurs centaines de morts il y a une semaine.

A la suite de cette attaque, que les Etats-Unis et leurs alliés imputent aux forces du président Bachar al Assad, la perspective de frappes aériennes occidentales en Syrie se précise d'heure en heure. La France a estimé mardi que le "massacre chimique de Damas" ne pouvait rester impuni.

L'équipe des Nations unies va poursuivre ses investigations et recueillir des éléments sur place. Elle avait déjà été autorisée lundi à se rendre dans les zones rebelles proches de la capitale.

Tant que les experts seront à Damas, des frappes occidentales paraissent peu probables afin de ne pas les mettre en danger.

Un journaliste de Reuters a vu mercredi matin les inspecteurs quitter leur hôtel du centre de la capitale syrienne Les opposants au président Assad ont ensuite fait savoir que le groupe avait franchi la ligne de front et commencé à travailler dans le faubourg de Zamalka, à l'est de la ville.

Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a souligné qu'il fallait laisser à l'équipe "le temps de faire son travail" car "il est essentiel d'établir les faits".

PROJET DE RÉSOLUTION BRITANNIQUE À L'ONU

Le Premier ministre britannique David Cameron a annoncé mercredi que le Royaume-Uni avait préparé un projet de résolution au Conseil de sécurité de l'Onu condamnant le régime syrien et autorisant les mesures nécessaires pour protéger la population civile.

Ce texte sera présenté dans la journée au Conseil mais la Chine et la Russie, alliées de Damas, devraient s'y opposer.

"On connaît le résultat à l'avance (...) Il y a déjà eu plusieurs vetos russes sur le dossier syrien et il devrait y en avoir un de plus", a-t-on déclaré de source diplomatique française.

En laissant prévoir de prochaines frappes aériennes contre le régime d'Assad, même sans l'aval de l'Onu, les Etats-Unis ont souligné qu'il ne s'agissait pas d'entraîner un "changement de régime" à Damas mais seulement de punir le recours aux armes chimiques.

Ces déclarations n'ont pas convaincu la Chine. Le Quotidien du peuple, organe du Parti communiste chinois, estime que les Américains reprennent la méthode qui a conduit à l'invasion de l'Irak en 2003, quand ils accusaient le président Saddam Hussein de disposer d'armes de destruction massive jamais découvertes par la suite.

Pour la Russie, une attaque contre la Syrie ne fera que déstabiliser encore plus le pays et la région. Moscou, qui n'exclut pas une machination ourdie par les insurgés, a appelé à un échange d'informations "détaillé et approfondi" de toutes les allégations d'utilisation d'armes chimiques dans le conflit.

"AUCUN DOUTE SUR LA RESPONSABILITÉ DU RÉGIME"

Le Guide suprême de la révolution iranienne, l'ayatollah Ali Khamenei, a jugé qu'une intervention américaine en Syrie serait "un désastre pour la région".

Une branche de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), mouvement affilié à Al Qaïda et qui combat les forces d'Assad en Syrie, a pour sa part menacé le gouvernement de Damas d'une opération "volcan de la vengeance".

Mardi, le vice-président américain Joe Biden a affirmé n'avoir "aucun doute" sur la responsabilité des gouvernementaux dans l'attaque chimique de la semaine dernière.).

Un avis partagé par David Cameron qui a prôné une action "ciblée" contre le régime de Damas. Un débat est prévu jeudi au Parlement de Westminster. Comme les Américains, les Britanniques ont des navires de guerre en Méditerranée. Ils disposent aussi d'une base aérienne à Chypre, à 200 km seulement des côtes syriennes.

Selon un sondage YouGov, 50% des Britanniques sont opposés à une attaque contre la Syrie et 25% y sont favorables.

La France elle aussi s'est dite prête à participer à une intervention militaire en Syrie.

"Le massacre chimique de Damas ne peut rester sans réponse et la France est prête à punir ceux qui ont pris la décision infâme de gazer des innocents", a déclaré mardi François Hollande lors d'un discours devant les ambassadeurs de France à l'Elysée.

Le président français recevra jeudi matin Ahmad Jarba, le président de la Coalition nationale syrienne (CNS), qui aurait été informée par les Occidentaux qu'une intervention militaire était désormais une question de jours.

Avec Erika Solomon et Mariam Karouny à Beyrouth, Steve Gutterman à Moscou, Ben Blanchard à Pékin et John Irish à Paris; Guy Kerivel pour le service français

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  • indyta le mercredi 28 aout 2013 à 13:17

    ..l action infame de gazer des innocents;ok.et les soldats?

  • indyta le mercredi 28 aout 2013 à 13:16

    quelque chose me chagrine dans cette sale affaire;