Deuxième jour de référendum en Egypte sur la Constitution

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DEUXIÈME JOUR DE RÉFÉRENDUM EN ÉGYPTE SUR LA CONSTITUTION
DEUXIÈME JOUR DE RÉFÉRENDUM EN ÉGYPTE SUR LA CONSTITUTION

par Edmund Blair et Shaimaa Fayed

LE CAIRE (Reuters) - Les opérations de vote ont été prolongées samedi de quatre heures en Egypte pour le second jour du référendum sur un projet de Constitution, défendu par les islamistes, soutiens du président Mohamed Morsi, et combattu par l'opposition laïque et chrétienne.

Le scrutin, qui a débuté à 08h00 (06h00 GMT), sera finalement clos à 23h00 (21h00 GMT) en raison de la forte participation. Des estimations indépendantes devraient être données quelques temps après, même si les résultats officiels ne devraient pas être annoncés avant lundi par la commission électorale.

La victoire du "oui" ne fait guère de doute puisque la seconde journée de vote a lieu dans des régions rurales acquises aux islamistes, alors que 57% des électeurs se sont déjà prononcés le 15 décembre pour la Constitution, selon des estimations non officielles.

Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme ont néanmoins dénoncé des fraudes et de nombreuses irrégularités, comme l'inscription d'électeurs fictifs ou une ouverture tardive de certains bureaux de vote.

Le Front de salut national (FSN), la principale coalition d'opposants, a exigé un nouveau scrutin, mais la commission chargée d'enquêter sur les irrégularités n'a pas constaté de fraudes importantes.

Le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), l'émanation des Frères musulmans dont est issu Mohamed Morsi, affirment que l'adoption de la Constitution est nécessaire pour entériner la victoire de la démocratie, à la suite de la révolution qui a chassé du pouvoir l'ancien président Hosni Moubarak en février 2011.

"Nous devons tendre la main à Morsi pour l'aider à stabiliser le pays", a estimé samedi Hicham Kamal, un comptable ayant voté "oui".

DES ÉLECTIONS D'ICI DEUX MOIS

L'opposition dénonce de son côté un texte trop influencé par l'islam et qui ne protégerait pas assez les droits des femmes et des minorités comme les chrétiens coptes.

Le texte prévoit que les principes de la "charia" (loi coranique) demeurent la principale source de la législation, mais leur définition reste vague, ce qui inquiète particulièrement les responsables coptes qui craignent de se voir imposer les préceptes musulmans.

"Je vote 'non' parce que l'Egypte ne peut être dirigée par un seul parti", a expliqué Karim Nahas, un courtier de 35 ans, en se rendant aux urnes dans la province de Gizeh.

Si la Constitution est adoptée, des élections législatives auront lieu d'ici deux mois, et si elle est rejetée, une nouvelle Assemblée constituante devra être constituée pour rédiger un autre texte.

Si les opposants paraissent se résigner à l'adoption du texte, ils annoncent déjà le retour des troubles qui ont agité le pays entre la fin novembre et le début du vote.

Au moins huit personnes ont été tuées au cours d'affrontements entre islamistes et opposants, déclenchés par la publication le 22 novembre d'un décret, depuis largement abrogé, par lequel Mohamed Morsi étendait considérablement ses pouvoirs.

"Je m'attends à de nouveaux affrontements", a déclaré Ahmed Saïd, chef de file du Parti des Egyptiens libres, l'une des composantes du FSN. "Les gens ne vont pas accepter la manière dont (Mohamed Morsi et ses alliés) gèrent la situation."

De nouveaux heurts ont éclaté vendredi entre les islamistes et leurs opposants à Alexandrie, la deuxième ville du pays, où deux bus ont été incendiés et où la police a fait usage de gaz lacrymogène pour séparer les militants de deux camps qui se lançaient des pierres.

Le vice-président égyptien Mahmoud Mekky a par ailleurs démissionné de son poste, a annoncé samedi sans explication une source à la présidence.

Marine Pennetier et Julien Dury pour le service français

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