Deuxième débat acrimonieux entre Trump et Clinton

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DEUXIÈME DÉBAT ACRIMONIEUX ENTRE TRUMP ET CLINTON
DEUXIÈME DÉBAT ACRIMONIEUX ENTRE TRUMP ET CLINTON

par Steve Holland et Emily Stephenson

ST. LOUIS (Reuters) - Donald Trump a tenté de minimiser lundi la vive polémique provoquée par la publication vendredi d'une vidéo où on l'entend proférer des propos obscènes à l'égard de femmes, qualifiant ces derniers de "conversation de vestiaire" et s'en prenant aux écarts de conduite de l'ancien président Bill Clinton.

Lors d'un deuxième débat présidentiel acrimonieux, le candidat républicain à la Maison blanche a également suggéré que son adversaire démocrate Hillary Clinton devrait être en prison pour avoir utilisé une messagerie privée lorsqu'elle dirigeait la diplomatie américaine (entre 2009 et 2013).

Sous la forme d'une assemblée publique, ce deuxième débat, organisé à l'université de Washington de St. Louis, était vital pour Donald Trump, dont la campagne est en crise depuis la publication de cette vidéo, qui a conduit de nombreux responsables républicains à se détourner de lui, voire à appeler à un retrait de sa candidature.

Contrairement au premier débat, les deux candidats ne se sont pas serré la main avant le début leurs échanges - ils l'ont toutefois fait à la fin - qui ont très vite porté sur la vidéo, remontant à 2005, où on entend Donald Trump, alors une star de la télé-réalité, évoquer sa tentative de séduction d'une femme mariée et le loisir que l'on peut s'accorder, si l'on est connu, de tripoter les femmes.

Ces images avaient été enregistrées quelques mois après le mariage de Donald Trump avec Melania, sa troisième femme.

Le magnat immobilier s'est dit "embarrassé" par la vidéo tout en estimant qu'il s'agissait d'une "conversation de vestiaire". Il a ensuite dit que Bill Clinton avait eu comportement bien plus condamnable que lui à l'égard des femmes.

"Moi ce n'était que des mots, lui est passé à l'action", a déclaré Donald Trump qui, peu avant le débat, avait organisée une conférence de presse entouré de quatre femmes accusant Bill Clinton d'inconduite sexuelle.

Le candidat républicain a également déclaré que son adversaire s'en était prise aux femmes qui disaient avoir eu une affaire avec son mari, le président des Etats-Unis entre 1992 et 2000.

Hillary Clinton a estimé que les propos de Donald Trump entendus sur la vidéo le rendaient inapte à diriger le pays.

"Il a dit que la vidéo n'était pas représentative de ce qu'il est mais je pense qu'il est évident pour tout le monde qu'elle est exactement représentative de ce qu'il est", a-t-elle dit.

LA QUESTION DES COURRIELS

Au sujet de l'utilisation par Hillary Clinton d'une messagerie privée lorsqu'elle était au gouvernement, Donald Trump a dit : "Vous devriez avoir honte".

L'ancienne secrétaire d'Etat a dit : "Vous savez, c'est vraiment une bonne chose qu'une personne ayant le tempérament de Donald Trump ne soit pas chargée de l'application de la loi dans ce pays."

"Sinon vous seriez en prison", a aussitôt rétorqué Donald Trump, qui a ajouté qu'il nommerait, s'il était élu président, un procureur spécial chargé d'enquêter sur ce dossier des courriels, qui a plombe depuis un an la campagne d'Hillary Clinton.

Après une travail d'investigation de près d'un an, le FBI a recommandé début juillet qu'Hillary Clinton ne soit pas poursuivie le cadre de l'enquête sur l'usage de sa messagerie privée alors qu'elle était secrétaire d'Etat tout en déplorant l'"imprudence extrême" la candidate démocrate.

Donald Trump et Hillary Clinton se sont également affrontés sur des sujets tels que la fiscalité, l'assurance-santé ou encore la politique américaine en Syrie.

Fait rare, le candidat républicain s'est dit en désaccord avec Mike Pence, son colistier, qui, lors du débat vice-présidentiel la semaine dernière, a déclaré que les Etats-Unis devaient être prêts à avoir recours à la force si nécessaire en Syrie.

"Lui et moi n'en avons pas discuté et je ne suis pas d'accord", a--t-il dit.

Invités en fin de débat, par un membre du public, à dire des choses positives l'un sur l'autre, Hillary Clinton a dit respecter les enfants de son adversaire pour leurs capacités et l'attachement à leur père.

Donald Trump a de son côté déclaré que l'ancienne secrétaire d'Etat était une battante, ajoutant qu'il admirait son refus de renoncer.

La troisième et dernier débat présidentiel aura lieu le 19 octobre.

(Avec la contribution d'Amanda Becker, Amy Tennery et Michelle Conlin, Benoît Van Overstraeten pour le service français)

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