Deux visions radicales du cinéma

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Portrait de Serge Daney, critique et écrivain à Paris, en 1984.
Portrait de Serge Daney, critique et écrivain à Paris, en 1984.

Deux ouvrages passionnants réunissent les articles de Serge Daney et Pascal Bonitzer.

Aquelques mois d’intervalle viennent d’être publiés deux passionnants recueils d’articles, signés par deux critiques de cinéma géniaux, en tout cas parmi les plus doués de leur génération. Les parcours de Serge Daney et Pascal Bonitzer, nés dans les années 1940, sont au départ liés à la même revue, les ­Cahiers du cinéma, dont ils ont accompagné le virage à gauche puis le durcissement politique tout au long des années 1970, avant de s’en détacher la décennie suivante – le premier pour rejoindre Libération, le second pour s’adonner à son activité de scénariste (pour Rivette, Ruiz ou encore Téchiné), avant de devenir cinéaste. Tous deux ont observé et défendu le cinéma moderne dans ses aventures les plus radicales (Godard, Straub et Huillet, Duras, Oshima).

Ce quatrième tome de La Maison cinéma et le monde correspond aux deux dernières années d’activité de Daney (mort en juin 1992), au moment où celui-ci s’éloigne de l’écriture quotidienne pour fonder la revue Trafic. Place, donc, à des textes plus longs, plus personnels, qui répondent surtout à une autre vitesse, détachée d’une actualité dont l’auteur perçoit désormais la couverture comme un « maniérisme journalistique ». L’importante série d’entretiens et de conférences qui complètent les textes du volume a l’insigne avantage de restituer le mouvement même, incroyablement véloce, de sa pensée.

Conscience sociale et lacanisme L’idée lancinante qui ne cesse d’y revenir, c’est celle d’une dissolution du cinéma dans le régime...

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