Deux tours en bois vont s'élever dans le ciel de Bordeaux

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EN IMAGES - la ville de Bordeaux a finalement retenu deux projets d’immeubles en bois de 50 mètres, plutôt qu’un seul. Présentation des deux lauréats.

Bordeaux est une ville qui bouge. Et qui n’est hostile ni à la transformation, ni à l’innovation. La preuve: l’Etablissement public d’aménagement Euratlantique a sélectionné - parmi 9 autres projets en lice - non pas un mais deux projets de construction d’immeuble en bois de 50 mètres. Une double première en France. D’un côté, le jury a retenu le projet «Hyperion», porté par Eiffage Immobilier et Woodeum. C’est le cabinet d’architectes Jean-Paul Viguier et associés qui s’est chargé de concevoir les plans de cette tour inédite, la première du genre en France: une tour de logement de 7000 mètres carrés de 57 mètres de haut sur 18 niveaux, en plein de cœur de Bordeaux, à proximité de la gare Saint-Jean et de la future gare LGV. Sa particularité: elle est en bois massif CLT (bois lamellé croisé).

De l’autre côté, le projet Silva orchestré par Kaufman&Broad avec Art&Build et Studio Bellecour (architectes) a lui aussi séduit le jury. Il s’agit là aussi d’une tour de 18 étages sur 50 mètres de haut comptant plus de 80% de bois et dotée d’une structure primaire à colombages géants. Le concept sera d’ailleurs appliqué au reste de la parcelle aménagée par Kaufman&Broad puisque les 2/3 du programme utiliseront des techniques incluant le bois (à 56%) dans la construction.

L’édifice d’Eiffage et Woodeum abritera 82 appartements pensés comme des maisons assemblées autour d’une rue verticale. Pourquoi Hyperion? «Parce que c’est aussi le nom du plus haut arbre vivant du monde, explique l’architecte Christophe Charon. Il fallait placer cette tour de façon harmonieuse. Bordeaux est une ville d’unité, où le plafond est très bas. Hyperion a donc été pensée de manière à ce que tout reste ensoleillé aux alentours, sans faire d’ombree.»

Il est vrai qu’avec ses jolies formes arrondies et son écriture en spirale, la tour ne rebute pas le moins du monde, et donne envie de s’installer sur ses terrasses. Petite précision: chacun des appartements dispose de la sienne.

Construction deux fois plus rapide qu’un chantier traditionnel

Biosourcé et recyclable, le matériau de construction bois massif CLT stocke le carbone au lieu de l’émettre, et permet des économies d’énérgie non négligeables. «Grâce aux 1400 mètres cubes de bois massif (CLT, LVL et BLC) mis en œuvre, dont une partie sera issue de la forêt landaise, la tour va stocker l’équivalent de 1000 tonnes de CO2, soit l’équivalent des émissions de carbone générées en moyenne par les consommations énergétiques d’un tel immeuble pendant plus de 9 ans», explique Guillaume Poitrinal, président de Woodeum.

Par ailleurs, l’utilisation de la technique innovante du bois massif CLT permettra un gain de temps significatif sur la durée du chantier, ainsi qu’une réduction par un facteur de 6 à 8 fois des rotations de camions pour l’exécution du gros œuvre.

Quant au projet Silva, il développera au total 17.700 m² répartis sur trois bâtiments. Au total, on y retrouvera 14.200 m² de logements certifiés NF Habitat HQE ainsi que 3000 m² de bureaux labellisés BREEAM «Very Good» ainsi que 500 m² de commerces et un parking en silo (en élévation, au-dessus du sol). Les 184 logements du programme (logements sociaux et accession) bénéficient de 700 m2 de terrasses-jardins suspendus et de jardin en pleine terre. La livraison est prévue à partir du dernier trimestre 2019. Thématique en vogue, Silva se présente comme un «projet collaboratif» avec la participation des habitants à conception et leur implication dans le projet pour qu’ils deviennent pleinement acteurs de leur ville.

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