Deux sénateurs de Moselle s'accusent mutuellement de complot

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STRASBOURG (Reuters) - Deux sénateurs de Moselle, Jean-Louis Masson et François Grosdidier, s'accusent mutuellement de complot et ont porté plainte, l'un pour association de malfaiteurs et l'autre pour dénonciation calomnieuse.

Une enquête préliminaire a été ordonnée par le parquet de Metz et confiée à la police judiciaire, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Jean-Louis Masson (non inscrit) a porté le fer le premier lundi en transmettant au parquet, à l'appui de sa plainte, un document sonore laissant penser que son ennemi depuis près de trente ans a voulu lui tendre un guet-apens au Maroc pour l'impliquer dans une affaire sexuelle avec une mineure.

Il ajoute qu'un chef d'entreprise a essayé à plusieurs reprises de le faire venir au Maroc.

François Grosdidier (UMP) a contre-attaqué mardi en annonçant une plainte pour dénonciation calomnieuse, assurant que toute cette affaire se résume "à une blague de collégiens".

Il explique dans un communiqué avoir tenu ces propos pour voir jusqu'où irait son interlocuteur, un "mythomane poursuivi dans plusieurs procédures" qui lui faisait des propositions délirantes "pour neutraliser Jean-Louis Masson".

"Malgré son insistance, je n'ai jamais bien sûr donné la moindre suite", écrit-il, affirmant que le "commencement d'exécution" évoqué par Jean-Louis Masson "est complètement fantaisiste."

Selon la transcription de l'enregistrement de la bande sonore que Jean-Louis Masson a transmise à Reuters par courriel, François Grosdidier déclare que "le seul truc, c'est de faire couler (Masson) avec une mineure dans un pays, y'a que ça".

"Au Maroc il se fera piéger comme un lapin", répond son interlocuteur. "Dès que ça pète, moi je préviens le secrétaire d'Etat à l'Intérieur en lui disant: "Ecoutez, ne le protégez pas, c'est le plus foireux des hommes politiques français".

Jean-Louis Masson, qui disposait de la bande depuis plusieurs mois, a expliqué au Monde, daté de jeudi, s'être décidé à porter plainte après avoir appris qu'un entrepreneur du BTP de la région qui avait dénoncé François Grosdidier dans une autre affaire avait surpris deux hommes encagoulés sur son toit.

"Quand j'ai lu ça dans le journal, je me suis dit qu'ils étaient capables de tout", a-t-il avancé.

Dans un communiqué diffusé mercredi, Jean-Louis Masson estime que les explications de son adversaire ne sont pas crédibles. Selon lui, le mythomane dont il fait état "n'est pas un comédien mais bien un promoteur immobilier".

François Grosdidier soupçonne pour sa part son collègue de "manipulations grotesques et ridicules", laissant entendre qu'il ne serait pas étranger à ses précédents ennuis judiciaires.

"Il est permis de se demander si Jean-Louis Masson n'a pas commandité" l'homme venu lui proposer de neutraliser son collègue, ajoute François Grosdidier.

Ce dernier, qui est sénateur-maire de Woippy, a été mis jeudi en examen le 27 juillet pour détournement de fonds publics, suite à une plainte d'une élue d'opposition de son conseil municipal.

Il se voit reprocher d'avoir fait supporter à la commune certains frais relevant de ses mandats parlementaires.

François Grosdidier est par ailleurs mis en cause dans un dossier de marchés truqués impliquant des entreprises du BTP qui fait l'objet d'une information judiciaire.

Le maire de Woippy, qui est accusé par l'un des protagonistes d'avoir bénéficié d'un dessous de table pour financer sa campagne des municipales de 2008, dément vigoureusement et a porté plainte en diffamation.

Gérard Bon, avec Marie-Lise Perrin à Strasbourg

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