Deux responsables des services de sécurité limogés en Syrie

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BEYROUTH, 14 octobre (Reuters) - Deux hauts responsables des services de sécurité syriens ont été limogés en réaction, semble-t-il, aux récentes manifestations de partisans de Bachar al Assad après la mort de 41 enfants dans un double attentat suicide le 1er octobre à Homs, rapporte mardi l'OSDH. Dans les jours qui ont suivi les attentats dans le quartier loyaliste ultra sécurisé d'Akramah, des habitants sont descendus dans la rue pour dénoncer la réaction des médias officiels et des services de sécurité, qu'ils ont accusés de minimiser le nombre de victimes de ces attaques comme de précédentes. A la suite de ces manifestations, le chef du Comité de sécurité, le général Ahmed Djamil, et le chef des Renseignements militaires, Abdelkarim Saloum, ont quitté leurs postes cette semaine sans explication. "Ils ont été limogés sous la pression des loyalistes, qui ont reproché au gouvernement d'afficher un total mépris pour leurs vies", avance Rami Abdelrahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). "Les autorités envisagent désormais de limoger le gouverneur de Homs et la chef des médias gouvernementaux Luna Chebel", ajoute-t-il. Jusqu'ici discrets, les partisans du régime expriment plus ouvertement leur mécontentement depuis la chute de la base aérienne de Takba, dans la province de Rakka, où plus d'une centaine de soldats ont été massacrés par les djihadistes de l'Etat islamique (EI) en août. Des familles des soldats tués, dont une vidéo de l'exécution a été diffusée sur Internet par l'EI, ont accusé l'armée de les avoir livrés à eux-mêmes, sans tenter de les évacuer ni de les réapprovisionner en munitions. La télévision d'Etat a de son côté passé la chute de la base sous silence et a nié que l'armée y ait subi des pertes. Après cet évènement et le double attentat d'Akramah, les habitants de Homs ont estimé qu'ils ne pouvaient plus se taire, explique l'un d'eux, interrogé par Reuters sur Internet. "Les gens ne peuvent plus supporter ce genre de comportement parce qu'on parle désormais de la mort d'enfants", a expliqué l'homme, qui appartient à la minorité alaouite de Bachar al Assad. (Rasha Elass; Tangi Salaün pour le service français)

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