Deux reporters soupçonnent Damas de les avoir piégés

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PARIS (Reuters) - Deux reporters présents à Homs, en Syrie, lors de la mort du journaliste de France Télévisions Gilles Jacquier soupçonnent les autorités syriennes et vont porter plainte pour tentative d'assassinat, annoncent leurs avocats.

Ces journalistes ont acquis la conviction "qu'ils ont été délibérément conduits par les services de sécurité gouvernementaux dans un lieu dont le bombardement était programmé", écrivent lundi Alexandre Varaut et Vincent de la Morandière dans un communiqué.

Pour Jacques Duplessy, journaliste, et Steven Wassenaar, reporter-photographe, "la nature des moyens militaires employés et les conditions dans lesquelles ils ont été dirigés vers la zone de tir, puis isolés, démontrent sans ambiguïté l'intention homicide", ajoute le texte.

Une plainte contre X avec constitution de partie civile sera donc déposée devant le doyen des juges d'instruction de Paris pour tentative d'assassinat.

Steven Wassenaar, qui a été blessé par l'obus qui a tué Gilles Jacquier, a confié à ses avocats le fragment de métal qui lui a été retiré et qui sera remis à la justice pour déterminer les armes employées.

Le parquet de Paris avait annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête sur les circonstances de la mort de Gilles Jacquier.

L'enquête préliminaire pour homicide volontaire a été confiée à l'Office central de répression des violences aux personnes.

Le gouvernement et France Télévisions avaient demandé à la justice de faire toute la lumière sur la mort du journaliste, tué à Homs alors qu'il effectuait un reportage avec l'accord du gouvernement syrien.

Thierry Thuillier, directeur des rédactions de France Télévisions, qui a également porté plainte, s'est interrogé sur les circonstances du drame.

"Les journalistes faisaient partie d'un convoi sous escorte, très sévèrement encadré. Quand les tirs ont commencé, les militaires syriens ont reculé, laissant seuls et exposés les journalistes. Pourquoi ? Je n'ai pas de réponse. La rédaction, France Télévisions, les familles veulent cette réponse", a-t-il dit dans un entretien publié sur le site de France Télévisions.

La France a réclamé la semaine dernière qu'une enquête indépendante ait lieu en Syrie.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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  • baljo le lundi 16 jan 2012 à 21:22

    Quand les tirs ont commencé, les militaires syriens ont reculé, laissant seuls et exposés les journalistes.Pourquoi? pourquoi les journalistes n'ont pas suivi les militaires de l'escorte? pour faire du zèle?

  • patr.fav le lundi 16 jan 2012 à 19:22

    la presse a laissé tomber antoine et vincent lorsqu'ils ont été tuer par le gouvernement, la presse s'est tu sur l'affaire donc elle est de connivence avec l'état et puis ces deux jeunes se sont des français dans bas donc sans importance pour que la presse s'intéresse de plus près à cette affaire , pourquoi devrait on s'interesser au journaliste tuer.