Deux personnalités de l'opposition arrêtées en Ethiopie

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    ADDIS-ABEBA, 25 décembre (Reuters) - La police éthiopienne a 
arrêté deux membres éminents de l'opposition, soupçonnés d'avoir 
incité la population à manifester contre un projet 
gouvernemental de nouvelle zone économique près de la capitale, 
qui doit entraîner l'expropriation de paysans, a fait savoir 
vendredi le dirigeant de leur parti. 
    Selon le Congrès national Oromo, 87 manifestants ont été 
tués par la police depuis le début des rassemblements de 
protestation ce mois-ci dans la région d'Oromiya, ce qui 
représente les troubles civils les plus graves dans le pays 
depuis une dizaine d'années. 
    Le président du Congrès national Oromo, Merara Gudina, a 
déclaré que la police avait arrêté jeudi le numéro deux du 
parti, Bekele Gerba, ainsi qu'un autre dirigeant de leur 
formation, Dejene Tafa. Tous deux étaient toujours en détention 
vendredi. 
    Le Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, a 
affirmé vendredi devant le parlement que des "forces hostiles à 
la paix" avaient incité à des violences en diffusant de fausses 
informations sur le "Plan de développement intégré 
d'Addis-Abéba", qui vise à créer une zone d'investissement et 
d'industrie dans les environs de la capitale. 
    Oromiya est la plus grande région d'Ethiopie, à la fois par 
la superficie et par le nombre d'habitants. Plusieurs 
organisations d'opposition, comme le Front de libération 
d'Oromo, accusent la coalition au pouvoir de marginaliser les 
habitants de souche Oromo. 
    Peuplé de 90 millions d'habitants, l'Ethiopie, naguère l'un 
des pays les plus pauvres d'Afrique, connaît depuis quelques 
années une forte croissance économique et a entrepris de 
s'industrialiser. 
 
 (Aaron Maasho; Eric Faye pour le service français) 
 
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