Deux otages français au Mali appellent à l'aide dans une vidéo

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OUAGADOUGOU (Reuters) - Les deux otages français enlevés au Mali en novembre dernier par Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) apparaissent vivants dans une vidéo tournée le 22 février dernier dans laquelle ils demandent de l'aide à la France.

Dans cette vidéo, qui a été transmise par les autorités burkinabées à Paris cette semaine d'après une source sécuritaire, Philippe Verdon et Serge Lazarevic s'expriment sur fond d'une toile de tente, vêtus de boubous et de turbans.

"Depuis trois mois, je suis ici dans le désert avec Aqmi dans des conditions extrêmement difficiles. (...) J'ai perdu énormément de poids", dit Philippe Verdon dans cet enregistrement que Reuters a visionné.

"Je suis dans un état d'affaiblissement très très important, je suis très inquiet", ajoute-t-il.

Les deux otages adressent un message d'espoir à leurs proches, et demandent à Nicolas Sarkozy, à la France et aux associations humanitaires de les aider.

"Il y a une volonté d'apaisement de la part d'Aqmi, une volonté d'ouvrir la porte et une volonté de trouver une solution qui soit dans l'intérêt de toutes les parties", estime Philippe Verdon.

"Toute aide est la bienvenue, Aqmi est ouvert à la négociation", dit Serge Lazarevic. "Ils (les membres d'Aqmi) ont des hommes prisonniers au Mali, en Mauritanie et ils sont ouverts à la négociation".

Le ministère des Affaires étrangères s'est refusé samedi soir à tout commentaire, mettant en avant la nécessité de "discrétion" sur les questions d'otages.

Les précédentes tentatives de l'armée française pour libérer des otages au Sahel ont échoué, avec la mort de Michel Germaneau en juillet 2010, puis de Vincent Delory et Antoine de Léocour en janvier 2011.

Le Mali est coupé en deux par un soulèvement des Touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad et des milices islamistes qui se sont emparés de plusieurs villes du Nord en profitant d'un putsch militaire dans la capitale, Bamako.

Aqmi retient toujours six Français en otage, tous enlevés au Mali et au Niger depuis septembre 2010.

Mathieu Bonkoungou, avec Chine Labbé à Paris

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