Deux morts au Burundi lors d'une manifestation de l'opposition

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par Patrick Nduwimana BUJUMBURA, 26 avril (Reuters) - Deux manifestants burundais ont été tués par la police dimanche lors d'un rassemblement organisé dans la capitale, Bujumbura, contre la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, a annoncé la Croix-Rouge locale. "Nous avons dénombré deux manifestants tués par la police et quatre autres blessés, l'un est dans le coma à l'hôpital après avoir reçu une balle", a déclaré à Reuters Alexis Manirakiza, porte-parole de la Croix-Rouge du Burundi. La police burundaise avait auparavant fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogène pour disperser les opposants. Au lendemain du congrès du parti au pouvoir, le Conseil national pour la défense de la démocratie/Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD), qui a entériné la nouvelle candidature de Nkurunziza, les autorités burundaises avaient interdit tout rassemblement. Mais plus de 300 organisations de la société civile ont appelé à manifester pour dénoncer ce qu'elles considèrent comme une violation de la Constitution, qui prévoit que le président ne peut pas exercer plus de deux mandats de cinq ans consécutifs. Les partisans de Pierre Nkurunziza font valoir pour leur part que la Constitution est respectée, le chef de l'Etat ayant été désigné par le Parlement, et non pas élu au suffrage universel direct, pour son premier mandat, dans le cadre de l'accord qui a mis fin en 2005 à la guerre civile qui a déchiré le pays. Le ministre de l'Intérieur a justifié l'intervention de la police par le caractère illégal de la manifestation. "Seule la Cour constitutionnelle peut décider si Nkurunziza a ou non le droit de se présenter", a déclaré Edouard Nduwimana. Janvier Bigirimana, un militant de la société civile, a dénoncé de son côté "le recours à la violence contre une manifestation pacifique". Des incidents ont aussi éclaté dans le nord de Bujumbura, où les protestataires ont brûlé des pneus et lancé des pierre sur les policiers. Le ministre de l'Intérieur, accompagné de policiers, s'est par ailleurs rendu dans la station de radio RPA et l'a menacée de fermeture en raison de sa couverture des évènements, a constaté un journaliste de Reuters. Alexandre Niyungeko, président du Syndicat des journalistes burundais, également présent sur place, a déclaré qu'Edouard Nduwimana avait accusé la radio de diffuser des appels à la révolte. (Tangi Salaün et Henri-Pierre André pour le service français)

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