Deux militants saoudiens condamnés à des années de prison-Amnesty

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RYAD, 20 octobre (Reuters) - Un tribunal antiterroriste saoudien a condamné deux militants à dix et neuf années de prison fermes pour avoir créé une organisation de défense des droits de l'homme, rapporte mardi Amnesty International. Abdoulkarim al Khoder, l'un des onze membres fondateurs de l'Association saoudienne pour les droits civiques et politiques (ACPRA) a écopé d'une peine de dix ans en vertu d'une loi antiterroriste votée l'an dernier, précise l'ONG basée à Londres. L'autre membre de l'ACPRA, Abdoulrahman al Hamid, a été condamné à neuf ans de prison suivis de neuf années d'interdiction de voyager à l'étranger, ajoute Amnesty, selon qui les peines ont été prononcées mercredi dernier. Les onze membres de l'ACPRA sont tous incarcérés, certains déjà condamnés, d'autres en attente de jugement. James Lynch, directeur d'Amnesty pour le Moyen-Orient, a rappelé non sans ironie que l'Arabie saoudite appartenait depuis 2013 au Conseil des droits de l'homme des Nations unies. "Ces condamnations choquantes de membres de l'ACPRA pour leur militantisme en faveur des droits de l'homme, (...) s'ajoutent au bilan déjà effroyable de l'Arabie saoudite en matière de droits de l'homme", a-t-il dit. Un porte-parole des autorités judiciaires saoudiennes n'a pu être joint pour un commentaire. Le ministère de l'Intérieur a dénoncé plusieurs fois l'implication de l'ACPRA dans une série de manifestations contre des arrestations extrajudiciaires, estimant qu'elle avait contribué à des attentats. Abdoulkarim al Khoder, ancien professeur de droit islamique, a déjà été condamné en 2013 à huit ans de prison pour "désobéissance envers le chef de l'Etat" et "participation à la création d'une organisation non autorisée". Sa nouvelle condamnation émane du tribunal pénal spécialisé (TPS), créé en 2008 pour juger les affaires de terrorisme, mais souvent utilisé pour des délits à caractère politique. Le TPS a récemment rouvert une procédure judiciaire contre Omar al Saïd, le plus jeune membre de l'ACPRA, qui a déjà été condamné en 2013 à quatre ans de prison et 200 coups de fouet. (Angus McDowall; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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  • M4709037 le mardi 20 oct 2015 à 13:38

    FH se tait, les droits de l'homme aux oubliettes, contrats obligent;