Deux membres de la Fed n'écartent pas le scénario de juin

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* Les responsables insistent sur l'aspect progressif de la hausse * Une hausse de taux en juin dépendra des données d'avril et mai * La Fed juge l'impact du dollar et du pétrole temporaire (Actualisé avec "minutes" de la Fed, commentaires, marché) par Jonathan Spicer et Daniel Bases NEW YORK, 8 avril (Reuters) - La porte n'est pas totalement fermée pour une hausse des taux d'intérêt aux Etats-Unis dès le mois de juin, malgré l'accès de faiblesse de l'économie américaine au premier trimestre, mais tout dépendra des indicateurs économiques publiés d'ici là, ont déclaré deux responsables influents de la Réserve fédérale. Des chiffres décevants sur l'emploi, l'activité manufacturière et les ventes de détail tombés pendant l'hiver avaient convaincu de nombreux acteurs du marché américain que la première hausse des taux depuis la crise financière n'interviendrait pas en juin, mais plus tard dans l'année. Mais pour William Dudley, président de la Fed de New York, et Jerome Powell, l'un des gouverneurs de la banque centrale américaine, l'hypothèse de juin n'est pas écartée, à la condition que les statistiques à venir soulignent la solidité de la reprise de la première économie du monde. "On ne peut pas attendre d'être juste devant les buts pour agir parce que la politique monétaire fonctionne avec de longs décalages", a dit Jerome Powell. "D'ici à la réunion du mois de juin, nous allons recevoir bien davantage d'indicateurs portant sur à peu près tous les aspects de l'économie", a-t-il ajouté. Il reconnaît que certains signaux, notamment la situation de l'emploi, ne sont pas encore totalement au vert. Mais il invite à se concentrer sur la nécessité de relever les taux progressivement plutôt que sur la date de la première hausse. "Nous arrivons à un stade où zéro ne sera pas le bon taux". Dans une perspective macroéconomique, le moment précis du premier relèvement est moins important que le rythme des relèvements suivants", a-t-il dit. Dans un entretien à Reuters, William Dudley partage cette analyse et insiste sur l'importance des prochains indicateurs. "Je peux imaginer une situation dans laquelle une hausse de taux en juin reste une possibilité. Si le prochain rapport sur l'emploi est solide (...), si le PIB du deuxième trimestre suggère un rebond assez marqué", a-t-il dit. "La barre est probablement un peu plus élevée" pour une hausse de taux en juin après les récents indicateurs, a-t-il toutefois ajouté. Les "minutes de la réunion de la Fed des 17 et 18 mars, publiées mercredi, ont également montré que les responsables de la politique monétaire américaine étaient prêts s'engager rapidement dans un processus de hausse des taux, mais qu'ils souhaitaient prendre leur temps une fois le processus amorcé. RISQUES DE L'ÉTRANGER Tout en reconnaissant les risques provenant de l'étranger et un début d'année morose, les membres de la Fed se sont montrés suffisamment confiants dans la solidité de la reprise pour continuer à préparer une hausse des taux dans le courant de l'année, apprend-on dans le compte-rendu de la réunion de mars. "Plusieurs participants" ont déclaré qu'ils s'attendaient à ce que les prochains indicateurs économiques garantissent la possibilité d'une première hausse des taux dès le mois de juin. Mais même ceux qui étaient moins sûrs qu'une première hausse pourrait avoir lieu à ce moment-là avaient le sentiment que l'économie s'était suffisamment redressée pour que la Fed commence se poser la question à chacune de ces prochaines réunions de l'opportunité de relever ou non ses taux directeurs. Alors que deux participants ont jugé qu'une hausse des taux dès juin ne conviendrait pas avant l'an prochain, le reste des responsables de la Fed surveilleront les prochains indicateurs économiques pour savoir dans quelle mesure l'impact de la baisse des cours du pétrole et du dollar fort s'estompe et si l'économie américaine continue à créer des emplois. Wall Street était hésitante et les obligations du Trésor ont perdu du terrain après les "minutes" de la Fed, tandis que le dollar progressait face à un panier de devises de référence. Sur le marché des taux, les traders qui pariaient surtout sur un premier relèvement en décembre, ont avancé mercredi leurs paris au mois d'octobre. Les économistes de Wall Street attendent généralement un premier relèvement en septembre. A l'issue de sa dernière réunion de mars, la Fed avait franchi une étape vers la première hausse de ses taux depuis 2006 en supprimant toute référence à une attitude "patiente". Mais elle a aussi revu en baisse ses prévisions de croissance et d'inflation, ainsi que ses hypothèses d'évolution des taux, surnommées les "dot plots". La présidente de la banque centrale, Janet Yellen, a alors exclu un resserrement de la politique monétaire dès la réunion d'avril et évoqué simplement la possibilité d'une hausse lors des réunions "suivantes". ID:nL6N0WK53V Depuis, plusieurs indicateurs ont conforté le scénario d'un ralentissement de la reprise aux Etats-Unis, et notamment le dernier rapport mensuel sur le marché du travail, qui a montré vendredi que les créations d'emploi étaient tombées en mars à leur plus bas niveau depuis décembre 2013. ID:nL6N0X00YM (Avec Howard Schneider et Michael Flaherty à Washington et Sam Forgione à New York,; Patrick Vignal et Juliette Rouillonpour le service français)

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