Deux jours pour un "compromis historique" sur le travail

le
0
ISSUE POSITIVE INCERTAINE AUTOUR DES DISCUSSIONS SUR UNE RÉFORME DU MARCHÉ DU TRAVAIL
ISSUE POSITIVE INCERTAINE AUTOUR DES DISCUSSIONS SUR UNE RÉFORME DU MARCHÉ DU TRAVAIL

PARIS (Reuters) - Patronat et syndicats se retrouvent jeudi au Medef pour tenter de sceller une réforme historique du marché du travail alliant flexibilité et sécurisation de l'emploi, mais rien ne laisse présager une issue positive de leurs négociations.

Le seul signe encourageant à ce stade est la volonté des acteurs de négocier jusqu'au bout des deux journées de cette ultime session de pourparlers entamés en octobre.

"C'est difficile mais le match est pas fini. Il finit vendredi", a déclaré sur France Info Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT.

Même la CGT, qui a adopté une attitude "dure" depuis le début des négociations et appelé à manifester devant le siège parisien du Medef, n'a pas claqué la porte.

La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a estimé que les tensions qui se sont fait jour dans les dernières déclarations publiques des uns et des autres étaient "normales en pareille circonstance".

Interrogée lors du compte rendu du conseil des ministres, elle a exclu que la négociation se prolonge au-delà de la date butoir de vendredi.

"Soit un accord est trouvé et un texte de loi le transpose soit nous déposerons nous-mêmes un texte de loi sur les évolutions du marché du travail", a-t-elle rappelé, en assurant que le gouvernement n'interférerait pas dans les négociations.

Pour Laurent Berger, laisser aux pouvoirs publics le dernier mot constituerait "un profond échec en termes de relations sociales", alors qu'aucun grand accord du genre n'a été conclu dans un passé récent.

SURTAXATION DES CONTRATS PRÉCAIRES

"Dans un moment compliqué, ça a du sens que le patronat et les syndicats se mettent d'accord sur des objectifs", a-t-il dit, "ce sont des questions tellement complexes, que ce sont les premiers impliqués dans l'entreprise, c'est-à-dire les syndicats et les patrons, qui sont les plus à même d'apporter des réponses".

Le principal point de blocage est le refus de la partie patronale de discuter d'une surtaxation des contrats de travail précaire, auxquels les employeurs ont de plus en plus recours depuis le début de la crise, exigée par l'ensemble des syndicats.

Ils s'appuient sur ce point sur la feuille de route publiée début septembre par le gouvernement, qui invite les partenaires sociaux à "trouver des leviers pour que le CDI demeure ou redevienne la forme normale d'embauche".

Les projets d'accord successifs soumis par le Medef aux syndicats sont restés muets jusqu'ici sur la question mais l'impression laissée lors de la dernière session de négociation, à la mi-décembre, était que le patronat attendrait le dernier moment pour s'y attaquer.

La CFDT, qui détient sans doute les clés d'un accord, a mis en avant deux autres préconditions à sa signature éventuelle : une généralisation des assurances complémentaires santé à tous les salariés et des "droits rechargeables" permettant à un chômeur qui reprend un emploi de ne pas perdre tous ses droits à l'assurance chômage.

Laurent Berger y a ajouté mercredi matin la limitation du temps partiel imposé.

Des avancées avaient été enregistrées en décembre sur la question des complémentaires santé. Reste à trouver un compromis sur les modalités de sa mise en place, dont le coût pourrait varier de deux à quatre milliards d'euros, écrit mercredi Le Figaro.

Yann Le Guernigou, avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant