Deux jours de négociations pour tenter d'empêcher un "Brexit"

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UN CONSEIL EUROPÉEN POUR "ÉVITER UN BREXIT"
UN CONSEIL EUROPÉEN POUR "ÉVITER UN BREXIT"

PARIS (Reuters) - Les dirigeants européens tenteront jeudi et vendredi de s'accorder sur les concessions à faire au Royaume-Uni pour convaincre les Britanniques de rester dans l'Union européenne, sans freiner la poursuite de l'intégration de la zone euro.

Si le Conseil européen de Bruxelles parvient à un accord satisfaisant pour le Premier ministre britannique, ce dernier pourra organiser rapidement le référendum qu'il a promis sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l'UE, probablement fin juin.

David Cameron a promis de faire campagne en faveur du maintien s'il obtient gain de cause.

Le maintien du Royaume-Uni dans l'UE, souhaité par les Vingt-Huit, lèverait une forte incertitude pour l'Europe, déjà confrontée à la plus grave crise migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale, à une montée des mouvements extrémistes, à la menace terroriste et à la mollesse persistante de l'économie.

"Je suis convaincu qu'il ne nous reste que quelques pas à faire pour parvenir à un accord", a déclaré mardi le président du Conseil européen, Donald Tusk, qui mène les négociations.

Le Premier ministre français, Manuel Valls, a quant à lui estimé mercredi qu'un accord était possible et souhaitable.

Les négociations se concentraient ces derniers jours sur les problèmes de gouvernance économique, les rapports entre la zone euro et les pays qui n'en font pas partie, et la réglementation financière - afin que les institutions financières britanniques ne bénéficient pas d'un avantage sur leurs concurrentes.

"PROGRÈS" SUR LES RÉFUGIÉS

Autre dossier, la possibilité pour le Royaume-Uni de priver de prestations sociales les travailleurs européens arrivés sur son sol, pendant un temps limité et si des conditions exceptionnelles sont identifiées : un afflux exceptionnel de travailleurs menaçant l'équilibre du marché du travail.

Les deux autres points, la compétitivité de l'Europe et la place des Parlements nationaux faisaient quant à eux l'objet de convergences importantes, tandis qu'un travail d'interprétation de la formule d'une Union "sans cesse plus étroite" visait à garantir l'absence de contrainte juridique pour le Royaume-Uni.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a estimé mercredi que la plupart des demandes de réformes formulées par David Cameron étaient justifiées et raisonnables.

Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a quant à lui prévenu après une rencontre avec David Cameron mardi qu'il ne pouvait pas garantir que l'accord serait entériné par le Parlement. Mais il a assuré que ce dernier se prononcerait "immédiatement après le référendum" organisé par Londres.

La crise des réfugiés figure également à l'agenda, avec l'objectif d'avancer sur la mise en oeuvre des décisions déjà prises sur la protection des frontières extérieures de l'UE, la coopération avec la Turquie ou l'aide à la Grèce.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a déclaré au quotidien allemand Bild que l'Europe faisait des progrès dans la gestion de cette crise, en soulignant que le nombre de migrants arrivant en Grèce depuis la Turquie commençait à diminuer.

(Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)

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