Deux jours à Bruxelles pour tenter d'éviter un "Brexit"

le , mis à jour à 23:31
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    * Cameron prédit que "cela va être dur" 
    * Hollande ne veut pas freiner l'intégration européenne 
    * Tusk pense que le Conseil européen de Bruxelles est 
décisif 
 
 (Actualisé avec réaction britannique après la première séance 
de discussions) 
    BRUXELLES, 18 février (Reuters) - Les dirigeants européens 
ont commencé jeudi à négocier les termes d'un accord avec le 
Royaume-Uni visant à convaincre les Britanniques de rester dans 
l'Union européenne sans freiner la poursuite de l'intégration de 
la zone euro. 
    "Je n'accepterai pas un accord qui ne corresponde pas à nos 
besoins", a prévenu le Premier ministre britannique, David 
Cameron, à son arrivée à Bruxelles. "Cela va être dur", a-t-il 
estimé, ce que des membres de sa délégation ont confirmé à 
l'issue de la première séance de discussions.  
    "Je dirais que le déroulement est difficile. Ce pourrait 
être une longue nuit", a averti l'un d'eux, ayant requis 
l'anonymat. "Beaucoup de pays disent vouloir (...) assurer le 
maintien de la Grande-Bretagne au sein de l'UE, mais on ne sait 
pas bien ce qu'ils ont l'intention de faire en pratique pour y 
parvenir", a-t-il souligné, s'adressant à la presse.  
    S'il obtient suffisamment de concessions à l'issue du 
Conseil européen vendredi, David Cameron a promis de faire 
campagne pour le maintien dans l'UE lors du référendum qu'il 
pourrait organiser dès fin juin. 
    "La question de la place de la Grande-Bretagne en Europe a 
traîné pendant trop longtemps, il est temps de la régler", a 
estimé le chef du gouvernement. 
    "Si nous parvenons ici à un accord suffisamment fort pour 
convaincre le peuple britannique (...) nous avons une 
opportunité de régler ce problème pour une génération", a-t-il 
ajouté.    
    Le président français, François Hollande, a jugé à son 
arrivée qu'"un accord (était) possible mais si certaines 
conditions sont réunies". 
    "Je souhaite que la Grande-Bretagne reste dans l'Union 
européenne mais je souhaite surtout que l'Europe puisse avancer, 
puisse être plus forte, et que personne, aucun chef de 
gouvernement ou aucun chef d'Etat, ne puisse l'empêcher", a-t-il 
ajouté. 
    Lors de la première séance de discussion, le président du 
Conseil européen, Donald Tusk, a demandé à tous les participants 
de travailler dans un esprit constructif, tandis que la France a 
répété son refus de voir les institutions financières 
britanniques bénéficier d'un avantage grâce à une réglementation 
différente de celle auxquelles sont soumises leurs concurrentes 
européennes, a rapporté un diplomate européen. 
     
    "PAS DE MEILLEUR MOMENT POUR UN COMPROMIS" 
    La question de l'interprétation de la formule d'une Union 
"sans cesse plus étroite", qui figure dans les textes européens 
et dont le Royaume-Uni veut s'assurer qu'elle ne l'engagera pas 
juridiquement, ne pose de problème à personne, tout comme 
l'assurance que les mesures adoptées au Conseil figureront un 
jour dans les traités européens, a-t-il ajouté.  
    En revanche, la durée pendant laquelle les travailleurs 
européens étrangers seraient privés d'allocation sociales au 
Royaume-Uni continue de faire débat, en particulier avec les 
pays de l'Est, dont les ressortissants sont les plus concernés. 
    Un porte-parole du Conseil européen a annoncé peu après 
20h00 que la première séance était terminée et que les chefs 
d'Etat et de gouvernement commençaient leur dîner consacré à la 
crise des réfugiés. 
    Les discussions entre sherpas se poursuivaient en parallèle 
sur la question du "Brexit", qui sera à nouveau abordée par les 
chefs d'Etat et de gouvernement soit après leur dîner soit 
vendredi matin. 
    Le maintien du Royaume-Uni dans l'UE, souhaité par les 
Vingt-Huit mais qui divise l'opinion publique britannique, 
lèverait une forte incertitude pour l'Europe, déjà confrontée à 
la plus grave crise migratoire depuis la Seconde Guerre 
mondiale, à une montée des mouvements extrémistes, à la menace 
terroriste et à la mollesse persistante de l'économie. 
    "Les négociations sont très avancées et nous devons nous 
servir de cette dynamique", avait écrit Donald Tusk dans sa 
lettre d'invitation aux dirigeants européens. "Il n'y aura pas 
de meilleur moment pour un compromis." 
                     
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur les négociations entre Londres et l'UE 
  
    ECLAIRAGE A quoi ressemblerait un Brexit ?   
    ANALYSE Un "Projet panique" pour maintenir le Royaume-Uni 
dans l'UE   
 
 (Bureau européen de Reuters et Jean-Baptiste Vey pour le 
service français) 
 
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