Deux journalistes français tués dans le nord du Mali

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DEUX JOURNALISTES FRANÇAIS TUÉS DANS LE NORD DU MALI
DEUX JOURNALISTES FRANÇAIS TUÉS DANS LE NORD DU MALI

PARIS/BAMAKO (Reuters) - Deux journalistes de Radio France Internationale (RFI) ont été enlevés puis tués samedi à Kidal dans le nord du Mali au cours d'un reportage, ont annoncé les autorités françaises.

François Hollande, qui réunira dimanche matin les ministres concernés pour établir précisément les conditions de cet assassinat, a qualifié d'acte odieux la mort des deux journalistes.

"Le président de la République a appris avec consternation la mort de deux journalistes de Radio France Internationale, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, au nord du Mali. Il exprime son indignation à l'égard de cet acte odieux", a déclaré la présidence dans un communiqué.

François Hollande s'est entretenu par téléphone avec le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, a indiqué la présidence. "Les deux Présidents ont marqué leur volonté de poursuivre sans relâche la lutte contre les groupes terroristes qui restent présents au Nord du Mali, " a ajouté l'Elysée dans un communiqué.

Claude Verlon et Ghislaine Dupont ont été enlevés par un groupe armé, a dit le ministère français des Affaires étrangères, qui avait confirmé plus tôt leur décès.

"Les services de l'Etat français, en lien avec les autorités maliennes, mettent tout en ?uvre pour que la lumière soit faite le plus rapidement possible sur les circonstances de leur décès", a déclaré le Quai d'Orsay dans un communiqué.

Plusieurs médias ont fait état d'un survol du véhicule des ravisseurs par un hélicoptère français, voire d'une intervention des forces armées françaises.

Aucun ministère français n'a souhaité confirmer ou infirmer cette information.

Le ministère de la Défense, qui indique une présence "légère et discrète" des forces françaises à Kidal, a précisé que les deux journalistes avaient rencontré les militaires de l'opération Serval à Bamako et leur avaient demandé de les transporter jusqu'à Kidal.

"Conseil leur avait été donné de ne pas s'y rendre, en raison de l'insécurité qui y persiste et de la rivalité des différents groupes qui agissent sur zone", a dit le ministère de la Défense dans un communiqué.

"En dépit de ce conseil, les deux journalistes ont emprunté un transport de la Minusma pour se rendre à Kidal", ajoute-t-il.

ENLEVÉS DANS UN 4x4 BEIGE

Un haut responsable du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, séparatistes touaregs) avait annoncé à Reuters la découverte des corps à l'extérieur de Kidal.

Un officiel malien qui se trouvait dans la mairie de Kidal au moment des faits, avait également confirmé cette information.

"Quelques minutes après le début de la poursuite des ravisseurs des deux Français, on nous a informé que leurs corps ont été retrouvés criblés de balles à l'extérieur de la ville", a déclaré Paul-Marie Sidibé, préfet de la localité de Tinzawaten, qui est basé à Kidal.

Selon une source de la sécurité malienne, les journalistes ont été tués à une dizaine de kilomètres à l'extérieur de la ville.

Selon RFI à Paris, les deux journalistes, qui s'étaient déjà rendus à Kidal lors du premier tour de la récente élection présidentielle, ont été enlevés dans un 4x4 beige. Les ravisseurs ont envoyé des tirs de sommation et forcé leur chauffeur à se coucher par terre, raconte-t-elle.

"Ce dernier a ensuite entendu Ghislain Dupont et Claude Verlon protester et résister et c'est la dernière fois que nos journalistes ont été vus", a dit à Paris un journaliste de Radio France Internationale.

"Selon plusieurs sources les ravisseurs se sont enfuis avec nos reporters et ont mis le cap vers Tin-Essako", a-t-il ajouté.

Ghislaine Dupont, 51 ans, et Claude Verlon, 58 ans, s'étaient rendus de nombreuses fois en Afrique ces dernières années, souligne RFI dans un communiqué, où la radio fait part de sa tristesse et de sa colère.

INTERVIEW DU MNLA

Les journalistes venaient d'interviewer un responsable des rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), chargé de la culture. Ce dernier a confirmé que l'enlèvement avait eu lieu à proximité de sa maison.

"Quand il sont partis, j'ai entendu un bruit bizarre dehors, je suis tout de suite allé voir et quand j'ai ouvert ma porte, un homme enturbanné a braqué une arme sur moi et m'a dit "Rentre tout de suite chez toi!", a déclaré Ambéry Ag Rissa, contacté par téléphone.

"Je n'ai pas pu voir combien d'hommes étaient là, je n'ai distingué que le capot de la voiture des journalistes", a-t-il ajouté.

Des sources sécuritaires maliennes et le gouverneur de la ville de Kidal, Adama Kamissoko avaient auparavant confirmé l'enlèvement des deux journalistes français, précisant qu'ils avaient quitté mardi la capitale Bamako pour Kidal.

Mercredi, les quatre ex-otages français du Niger libérés en début de semaine après trois ans de captivité au Sahel sont rentrés en France, où ils ont été accueillis par le président François Hollande.

Marion Douet et John Irish, avec Tiémoko Diallo à Bamako, David Lewis à Dakar et Laurent Prieur à Nouakchott, édité par Pascal Liétout

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  • LeRaleur le samedi 2 nov 2013 à 23:22

    La vérité est-elle ICI. http://www.dreuz.info/2013/11/mali-les-journalistes-de-rfi-tues-a-kidal-nont-pas-ete-cribles-de-balles-ce-quon-vous-dit-et-ce-quon-vous-cache/

  • LeRaleur le samedi 2 nov 2013 à 19:29

    Tués, NON assassinés. Mais ça, c'est de la pure barbarie. Mais qu'attendre de mieux de ces gens là ?

  • M4947935 le samedi 2 nov 2013 à 19:08

    Très triste. Je pense aux familles. J'espère qu'on arrivera à retrouver les auteurs de ce crime.