Deux Israéliens inculpés pour l'incendie de Douma en Cisjordanie

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 (Précisions, contexte) 
    JERUSALEM, 3 janvier (Reuters) - Deux Israéliens ont été 
inculpés de meurtre après l'incendie criminel qui a coûté la vie 
à trois membres d'une famille palestinienne, un couple et son 
bébé de dix-huit mois, le 31 juillet dernier à Douma, en 
Cisjordanie, a-t-on appris dimanche de source judiciaire. 
    Amiram Ben-Uliel, 21 ans, originaire d'une colonie juive de 
Cisjordanie, a été inculpé de meurtre à motivation raciste par 
le tribunal de Lod, près de Tel Aviv. Un autre suspect, un 
mineur dont l'identité n'a pas été révélée, devra répondre de 
complicité de meurtre. 
    Les trois victimes palestiniennes sont Saad et Riham 
Daouabcheh et leur petit garçon, Ali. 
    Les avocats des suspects ont affirmé que leurs clients 
avaient été contraints sous la torture de faire de faux aveux, 
des accusations rejetées par le Premier ministre Benjamin 
Netanyahu et par le Shin Bet, les services de sécurité 
intérieure. 
    "Je doute que de telles confessions puissent tenir devant le 
tribunal", a déclaré aux journalistes l'un de ces avocats, Haï 
Haber. "Nous savons qu'il n'y a pas de preuves tangibles 
impliquant les suspects dans cette affaire." 
    Le frère de Saad Daouabcheh, Nasser, a dit espérer que les 
deux accusés seront punis de la peine maximum, tout en faisant 
part de son scepticisme sur la volonté de la justice israélienne 
de frapper les coupables. 
    "Nous n'avons aucune confiance dans le système judiciaire 
israélien. Sans la pression internationale, aucune enquête 
n'aurait été ouverte", a-t-il dit, accusant le gouvernement 
israélien de "soutenir le terrorisme des colons (de Cisjordanie) 
contre notre peuple". 
    Le ministre israélien de l'Agriculture, Uri Ariel, membre de 
la formation ultranationaliste Foyer juif, a demandé l'ouverture 
d'une enquête sur les mauvais traitements qu'auraient subis les 
deux suspects. Il a été désavoué par les deux dirigeants du 
parti, le ministre de l'Education Naftali Bennett et sa collègue 
de la Justice Ayelet Shaked. 
    Ali Daouabcheh est mort dans l'incendie de sa maison à 
Douma, un village proche de Naplouse. Son père, Saad Daouabcheh, 
a succombé le 9 août et sa mère, Riham, quatre semaines plus 
tard. Le frère d'Ali, Ahmed, âgé de quatre ans, a été grièvement 
brûlé. 
    Une vidéo d'extrémistes juifs tournant en dérision la mort 
d'Ali Daouabcheh a suscité un tollé le mois dernier en Israël. 
Cette vidéo, diffusée sur la chaîne de télévision Channel 10, 
montre des gens en train de danser pendant un mariage. Un des 
participants poignarde une photo du petit Ali tandis que 
d'autres brandissent des fusils d'assaut, des couteaux et ce qui 
semble être des cocktails Molotov. 
 
 (Dan Williams, avec Nidal al-Mughrabi et Ali Sawafta; 
Jean-Philippe Lefief et Guy Kerivel pour le service français) 
 
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  • Berg690 le dimanche 3 jan 2016 à 15:19

    Ce n'était pourtant que de braves colons....

  • raich2 le dimanche 3 jan 2016 à 14:58

    Ce n'est que justice, si il sont coupables ils doivent être condamnés.