Deux groupes de migrants reconduits de Grèce en Turquie

le , mis à jour à 15:35
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 (Actualisé avec deuxième ferry, citations, contexte) 
    par Dasha Afanasieva 
    DIKILI, Turquie, 8 avril (Reuters) - Deux ferrys 
transportant quelque 120 migrants sont arrivés vendredi dans le 
port turc de Dikili en provenance de l'île grecque de Lesbos, 
dans le cadre de l'accord que l'Union européenne a conclu avec 
Ankara pour enrayer l'afflux de migrants. 
    Un premier groupe de 202 personnes, essentiellement des 
Pakistanais et des Afghans, avait été reconduit lundi en 
Turquie.  
    Au total, ce sont environ 325 personnes qui ont été 
renvoyées vers la Turquie depuis l'entrée en vigueur de l'accord 
conclu entre Turcs et Européens mi-mars. 
    Ces migrants ont été transférés dans un camp proche de la 
frontière bulgare auquel le Haut commissariat des Nations unies 
pour les Réfugiés (HCR) n'a pas encore eu accès. 
    Un premier ferry, transportant 44 ressortissants 
pakistanais, est arrivé vendredi matin à Dikili sous escorte de 
deux vedettes des garde-côtes, a indiqué le ministère turc de 
l'Intérieur. 
    Un second ferry, avec 79 migrants originaires d'Egypte, 
d'Afghanistan et d'Irak, a accosté peu après 12h30 (10h30 GMT), 
a indiqué un responsable turc, précisant qu'aucun des deux 
navires ne transportait de réfugiés syriens. 
    Aucune autre arrivée n'est prévue ce week-end, ont ajouté 
des responsables turcs.  
    Avant leur départ du port grec de Mytilène, deux militants 
hostiles à l'accord turco-européen se sont jetés à l'eau et 
suspendus à la chaîne de l'ancre. Ils ont été repêchés par les 
garde-côtes.  
    Le Parlement turc a par ailleurs approuvé dans la nuit de 
jeudi à vendredi un accord autorisant le rapatriement des 
ressortissants pakistanais dans leur pays. 
    Selon Athènes, 149 migrants sont arrivés depuis 24 heures à 
Lesbos, Samos et Chios contre 76 la veille.  
     
    AMNESTY DÉNONCE LES CONDITIONS DE RÉTENTION EN GRÈCE 
    L'accord entre Bruxelles et Ankara prévoit de renvoyer en 
Turquie tous les migrants, y compris syriens, en situation 
irrégulière arrivés après le 20 mars dans les îles grecques et 
de procéder, pour chaque Syrien réadmis par la Turquie au départ 
des îles grecques, à la réinstallation d'un autre Syrien de 
Turquie dans un des Etats membres de l'UE.  
    Ses détracteurs dénoncent un "ignoble marchandage" et une 
violation du droit international. 
    Dans un rapport publié jeudi, Amnesty International affirme 
que les migrants retenus sur les îles grecques de Lesbos et de 
Chios vivent dans des conditions "effroyables" et n'ont qu'un 
accès limité à une assistance juridique, voire à une simple 
information sur leur statut. 
    Le rapport d'Amnesty relaie notamment les difficultés des 
migrants à trouver des médecins ou une assistance médicale. 
Quant aux procédures d'asile, elles sont menées de façon 
expéditive. Une Syrienne citée dans le rapport déclare que sa 
famille et elle ont eu à signer plusieurs documents sans 
disposer d'un interprète. Elle ajoute qu'on ne leur pas donné 
une copie de ces documents.  
    Ces témoignages, note Gauri van Gulik, directrice adjointe 
d'Amnesty pour l'Europe, "montrent qu'en plus du fait que la 
Turquie ne soit pas pour l'instant un pays sûr pour les 
réfugiés, il existe de graves dysfonctionnement du côté grec de 
l'accord entre l'UE et la Turquie. Tant que ces deux points 
n'auront pas été pleinement réglés, aucun retour ne devrait être 
effectué".  ID:nL5N17A5ZG      
 
 (avec Michele Kambas à Athènes; Jean-Philippe Lefief et Pierre 
Sérisier pour le service français) 
 
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