Deux Français suspectés de trafic de drogue fuient Saint-Domingue

le , mis à jour à 11:08
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(Actualisé avec détails) PARIS, 27 octobre (Reuters) - Deux pilotes français qui devaient être jugés en appel en République dominicaine pour un trafic de drogue présumé entre ce pays et la France via des vols privés ont rejoint samedi la France, a-t-on appris auprès de leur avocat. Ils ne fuient pas la justice dominicaine mais viennent au contraire chercher la justice française, assure Me Jean Reinhart, confirmant une information du Figaro. Une juge d'instruction marseillaise enquête depuis mars 2013 sur cette affaire, essentiellement sur des faits d'importation de produits stupéfiants et pour association de malfaiteurs. Contactée dès lundi par Jean Reinhart, qui lui a fait savoir que ses clients se mettaient "à sa disposition" et souhaitaient être entendus par ses soins, elle était "un peu surprise", mais a "pris acte" de la situation, d'après l'avocat. Les conditions de leur sortie du pays, où ils étaient libres mais sous contrôle judiciaire, restent inconnues à ce stade. Selon Le Figaro, qui cite une source proche des milieux aéronautiques, les deux pilotes auraient pu être "exfiltrés" du territoire dominicain par "une équipe". "Ils s'expliqueront assez longuement à ce sujet devant le juge", dit Jean Reinhart. "Mais ils n'ont rien fait de révolutionnaire", ajoute-t-il. Bruno Odos et Pascal Fauret nient les faits qui leur sont reprochés. Condamnés en première instance, en août dernier, à 20 ans de prison à Saint-Domingue, ils attendaient leur procès en appel. RISQUES POUR LES DEUX AUTRES RESTÉS SUR PLACE? Arrêtés sur tarmac de l'aéroport de Punta Cana le 20 mars 2013, ils sont désormais en famille en France, selon leur avocat. Deux autres Français condamnés à leurs côtés restent en République dominicaine. Dans un communiqué, l'avocat de l'un d'entre eux, Alain Castany, hospitalisé après avoir été "fauché par une moto", dénonce "un abandon pur et simple, voire une mise en danger". Il espérait bénéficier d'un rapatriement sanitaire. "Ce départ précipité fait planer sur Alain Castany la menace d'un nouveau placement en détention provisoire ou, à tout le moins, d'un durcissement des mesures coercitives le visant", écrit mardi Me Karim Beylouni. Me Julien Pinelli, l'avocat de Nicolas Pisapia, qui était passager du vol incriminé, estime aussi que ce rebondissement expose son client "à des risques importants". "Je me suis entretenu une partie de la nuit avec lui, il se trouve dans une situation de grand trouble", a-t-il dit à Reuters, ajoutant attendre un soutien diplomatique des autorités françaises. Sur son site internet de conseil aux voyageurs, le Quai d'Orsay rappelle que les touristes accusés de trafic de drogue "sont susceptibles d'être placés en détention provisoire ou peuvent se voir interdire de quitter le pays jusqu'à leur procès". "Compte tenu des délais des procédures judiciaires constatés au cours des dernières années, les ressortissants étrangers mis en examen peuvent ainsi se retrouver bloqués dans le pays pendant plusieurs années, sans avoir les moyens de présenter leur défense", ajoute le texte. (Chine Labbé, avec Jean-François Rosnoblet à Marseille)

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  • M1903733 le mardi 27 oct 2015 à 09:37

    Ca prouve surement leur culpabilité sinon pourquoi se sauver! D'autre part on le sait, à l'étranger les Français sont toujours blancs comme neige