Deux dirigeants de la Fed soulignent la santé de l'économie

le
0

WASHINGTON, 6 novembre (Reuters) - Deux membres du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine ont salué vendredi la vigueur des dernières statistiques de l'emploi, perçues sur les marchés financiers comme un argument supplémentaire en faveur d'un relèvement des taux d'intérêt le mois prochain. L'économie américaine a créé 271.000 postes non-agricoles le mois dernier selon le rapport mensuel du département du Travail, le chiffre le plus élevé depuis décembre 2014. ID:nL8N1313QK Dans des interventions séparées, le président de la Fed de St. Louis, James Bullard, et son homologue de la Fed de Chicago, Charles Evans, ont souligné la qualité de ces chiffres. "Nous avons indiqué que les conditions semblaient pouvoir être propices à une hausse" a dit Charles Evans à la chaîne de télévision CNBC. "L'économie réelle semble se porter beaucoup mieux." Evans, qui dispose d'un droit de vote sur les décisions de politique monétaire de la Fed cette année, a longtemps plaidé pour repousser la première hausse de taux à 2016 mais le mois dernier, il a nuancé sa position, expliquant qu'opter pour un relèvement graduel des taux était plus important que le calendrier de la hausse. De son côté, James Bullard, qui s'est déclaré partisan d'une hausse de taux dès le mois de septembre, a jugé vendredi que l'économie avait atteint le plein emploi. "Nous nous portons aussi bien que possible", a-t-il estimé à St. Louis. Il a ajouté que, selon ses modèles économiques, le taux de chômage pourrait tomber à 4% (contre 5% en octobre), ce qui permettrait à l'inflation d'atteindre d'ici la fin de l'an prochain l'objectif de 2% que s'est fixé la Fed, avant de le dépasser pendant un certain temps. LE DÉBAT PORTE AUSSI SUR LE RYTHME DE LA HAUSSE Ces déclarations interviennent deux jours après celles de Janet Yellen, la présidente de la Fed, au Congrès, soulignant qu'une hausse de taux en décembre restait envisageable. ID:nL8N12Z59S Vendredi, la probabilité estimée par les marchés à terme d'un relèvement de taux le mois prochain a atteint 72% après les chiffres de l'emploi, contre 58% la veille. Parallèlement, il semble que l'attention des responsables de la Fed se tourne de plus en plus vers le rythme des hausses de taux à venir. Sur ce point, Charles Evans a souligné qu'il souhaitait observer une poursuite de la hausse des salaires et expliqué que les taux devraient remonter lentement, afin de ne pas compromettre la croissance, encore pénalisée par la faiblesse de l'inflation. "Je crois vraiment que c'est le point le plus incertain en termes d'implications pour la politique monétaire", a-t-il dit, ajoutant que sa préférence pour une remontée lente des taux reflétait son "incertitude sur le fait que l'inflation retrouvera notre objectif de 2% dans un laps de temps raisonnable". James Bullard, lui, a dit que la Fed allait avoir un "débat sain" sur le rythme de la remontée des taux, ajoutant que s'il y avait unanimité pour une remontée lente des taux, des différences existaient sur la définition d'un rythme "graduel". "Une fois que le deuxième changement aura lieu, on arrivera à une meilleure crédibilité sur la signification de 'graduel'", a-t-il poursuivi. (Lindsat Dunsmuir à Washington et Howard Schneider à St. Louis; Marc Angrand pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant