Deux dentistes marseillais soupçonnés d'une énorme fraude

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DES SOUPÇONS DE FRAUDE MASSIVE PÈSENT SUR DEUX DENTISTES DE MARSEILLE
DES SOUPÇONS DE FRAUDE MASSIVE PÈSENT SUR DEUX DENTISTES DE MARSEILLE

MARSEILLE (Reuters) - Deux dentistes de Marseille ont été déférés jeudi devant un juge d'instruction pour une probable mise en examen dans le cadre d'une affaire de fraude présumée aux organismes sociaux d'un montant de plusieurs millions d'euros.

Le procureur de la République, Jacques Dallest, a annoncé avoir requis un mandat de dépôt à l'encontre des deux hommes, un père et son fils, qui sont soupçonnés d'avoir multiplié artificiellement les actes médicaux. Deux autres personnes ont été remises en liberté à l'issue de leur garde à vue.

"On a manifestement affaire à de gros fraudeurs. Pour tromper les organismes sociaux, on falsifie les radios, on triche sur les cotations. Le cabinet facturait ainsi 28 fois plus de poses de couronnes que la moyenne départementale", a affirmé le magistrat lors d'une conférence de presse.

La Caisse primaire d'assurances maladie (CPAM) a chiffré entre 3,6 et 4,7 millions d'euros les versements indus aux deux dentistes sur la période comprise entre 2008 et 2012.

Agé d'une soixantaine d'années, le père travaillait à mi-temps. Son fils, âgé de 32 ans, exerçait depuis sept ans au sein du cabinet de Saint-Antoine, dans les quartiers nord de la ville, pour un chiffre d'affaires estimé à 1,2 million d'euros par an.

"Ils recevaient environ 70 patients par jour à raison de dix à quinze minutes pour placer des couronnes, des bridges et des prothèses, même sur des dents saines, en abusant de la crédulité des patients", a dit Jacques Dallest.

Les praticiens, qui contestent les faits et estiment avoir "respecté l'art dentaire", avaient une clientèle le plus souvent composée de bénéficiaires de la couverture maladie universelle, qui ont droit à une dispense d'avance des frais.

Une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Marseille pour des faits de violences volontaires ayant entraîné des mutilations ou des infirmités permanentes, d'escroquerie au préjudice des organismes sociaux par l'emploi de manoeuvres frauduleuses, de complicité de faux en écriture privée et de blanchiment.

Les enquêteurs poursuivent ses investigations sur le volet patrimonial des deux dentistes qui est estimé à 10 millions d'euros, pour l'essentiel sous la forme d'une centaine d'appartements.

Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse

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  • frk987 le jeudi 29 nov 2012 à 17:50

    Ah non que l'on ne dise pas que la SS n'était pas informée dès le premier mois de.."dérives", qu'il s'agisse de financements occultes de parties politiques, de syndicats....oui, mais la SS le SAVAIT dès le début et si aucune action n'a été engagée, c'est qu'on lui a demandé de ne rien faire !!! grosse nuance

  • VivV le jeudi 29 nov 2012 à 17:43

    On ne peut pas vendre Marseille au Quatar ou aux Chinois

  • M2496916 le jeudi 29 nov 2012 à 17:37

    Menteur comme un arracheur de dents et maintenant voleur, mais ils ne sont pas les seuls dentistes dans ce cas et pas d'aujourd'hui, il faut faire très attention a nos dents.

  • hgourg le jeudi 29 nov 2012 à 17:23

    Evidemment, mais il ne faut pas stigmatiser ... Marseille + CMU ... Et vu les montants en jeu, bravo aux organismes de controle et de tutelle pour avoir reussi a identifier la derive apres tant d'années. Ceux qui font 10 fois moins peuvent encore dormir tranquille.

  • ANOSRA le jeudi 29 nov 2012 à 17:21

    Et pourquoi la CPAM met des années à détecter ces anomalies, décelables avec les outils informatiques et statistiques dont ils disposent???