Deux cent mille personnes en danger dans le Sud-Est turc-Amnesty

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    ISTANBUL, 21 janvier (Reuters) - L'offensive des services de 
sécurité turcs dans le Sud-Est majoritairement kurde, qui se 
traduit par des couvre-feux permanents et des pénuries, met 
200.000 personnes en danger, estime Amnesty International dans 
un rapport publié jeudi.  
    "Les coupures d'eau et d'électricité, ainsi que les dangers 
encourus pour se procurer des vivres et des soins médicaux sous 
les tirs, ont des effets dévastateurs sur la population et la 
situation risque de s'aggraver rapidement, si rien n'est fait 
pour y remédier", dit John Dalhuisen, directeur du programme 
Europe et Asie centrale de l'organisation, dans un communiqué. 
    "Dans certaines zones, des couvre-feux qui imposent aux 
habitants de rester confinés dans leurs maisons sont en place 
depuis plus d'un mois, ce qui revient à assiéger des quartiers 
entiers. Les autorités turques doivent absolument faire en sorte 
que les habitants concernés aient accès à des vivres et à des 
services essentiels." 
    L'offensive "synchonisée" qu'Ankara a lancée en juillet 
contre les djihadistes syriens de l'Etat islamique et le Parti 
des travailleurs du Kurdistan a fait voler en éclat le 
cessez-le-feu observé depuis deux ans par les séparatistes.  
    Les combats, qui ont repris de plus belle, ont fait plus de 
150 morts parmi les civils tandis que les pertes du PKK et des 
forces gouvernementales se chiffrent en centaines, selon les 
autorités turques et Amnesty. 
    Les opérations se sont intensifiées le mois dernier à Cizre, 
à Silopi et à Sur, un quartier de Diyarbakir, chef lieu de la 
région, poursuit le mouvement de défense des droits de l'homme.  
    Mercredi, 33 membres du PKK ont été tués dans trois 
localités différentes et un militaire à trouvé la mort à 
Diyarbakir, a fait savoir l'armée.  
    "Tandis que les autorités turques semblent déterminées à 
réduire toute critique interne au silence, la communauté 
internationale ne s'est guère manifestée. Les considérations 
stratégiques liées au conflit syrien et les démarches visant à 
s'assurer l'aide de la Turquie pour juguler le flux de réfugiés 
vers l'Europe ne doivent pas éclipser les allégations de 
violations flagrantes des droits humains", ajoute John 
Dalhuisen. 
 
 (Ayla Jean Yackley, Jean-Philippe Lefief pour le service 
français) 
 
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