Deux ans pour concrétiser l'accord de Paris sur le climat

le , mis à jour à 11:48
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 (Au 5e §, bien lire "100 milliards de dollars par an") 
    par Alister Doyle et Megan Rowling 
    MARRAKECH, Maroc, 19 novembre (Reuters) - Les quelque 200 
pays réunis à Marrakech dans le cadre de la COP22 se sont mis 
d'accord vendredi aux alentours de minuit pour définir d'ici à 
décembre 2018 les modalités d'application de l'Accord sur le 
climat conclu l'an dernier à Paris. 
    A l'issue de deux semaines de discussions, les délégués ont 
aussi demandé au futur président des Etats-Unis, le 
climato-sceptique Donald Trump, de revenir sa menace de dénoncer 
l'accord, qui prévoit de limiter la hausse des températures à 
moins de deux degrés Celsius par rapport aux niveaux 
préindustriels. Cet engagement a été réaffirmé jeudi. 
    Pour que cet objectif devienne réalité, des règles 
d'application sont nécessaires parce que l'accord de Paris a 
laissé un certain nombre de points dans le vague, notamment en 
ce qui concerne la façon dont les pays communiqueront leurs 
promesses de réduction des émissions de gaz à effet de serre et 
comment elles seront contrôlé. 
    Deux ans peuvent sembler long, mais il en a fallu quatre 
pour mettre au point les modalités d'application du protocole de 
Kyoto, conclu en 1997. Kyoto n'obligeait que les seuls pays 
développés à réduire leurs émissions alors que l'accord de Paris 
demande à tous les pays de le faire. 
     
    POINT DE DÉPART 
    Le texte adopté vendredi rappelle aussi aux pays riches leur 
objectif de fournir à l'horizon 2020 une aide de 100 milliards 
de dollars par an (95 milliards d'euros) aux pays en 
développement. 
    Le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine 
Mezouar, a déclaré lors d'une conférence de presse que la COP22 
de Marrakech était le point de départ pour transformer en 
actions les promesses faites à Paris. 
    "Nous continuerons sur ce chemin", a-t-il promis en appelant 
Donald Trump à se joindre à la bataille pour limiter les 
émissions de gaz à effet de serre. 
    La COP23 se tiendra l'an prochain en Allemagne mais elle 
sera organisée par les îles Fidji. Le Premier ministre fidjien 
Frank Bainimarama a invité Donald Trump, qui préfère les 
énergies fossiles aux énergies renouvelables, à renoncer au 
climato-scepticisme et à se rendre aux îles Fidji pour constater 
de visu les effets du renforcement des tempêtes et de la hausse 
du niveau de la mer. 
    Alden Meyer, directeur de la stratégie du groupe américain 
Union of Concerned Scientists (USC), a souligné qu'aucun pays 
n'avait dit qu'il suivrait Donald Trump si le futur président 
des Etat-Unis décidait de dénoncer l'accord de Paris. 
    Les mouvements écologistes ont estimé que la COP22 de 
Marrakech était un pas dans la bonne direction, mais qu'il 
restait encore de nombreuses questions à résoudre ces deux 
prochaines années et notamment l'aide financière aux pays en 
développement. 
    "Les pays riches essaient de se dégager de leurs promesses 
d'aider les pays pauvres à couvrir les coûts" associés à la mise 
aux normes écologiques, a souligné Harjeet Singh d'ActionAid. 
    Vendredi également, 48 pays en développement ont annoncé 
leur intention de passer "aussi vite que possible" à 100% 
d'énergies renouvelables. 
 
 (Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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