Deutsche Bank sème le trouble avec ses prévisions à long terme

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    LONDRES, 9 septembre (Reuters) - La croissance de l'activité 
sera si faible au cours des trois prochaines décennies que les 
responsables politiques auront bien du mal à faire face aux 
défis politiques, sociaux et économiques qui en résulteront, 
avertit Deutsche Bank dans une étude prospective publiée 
vendredi. 
    Contrairement à ce qui s'est passé au cours des 35 dernières 
années, l'inflation et les rendements obligataires augmenteront 
au cours des trente prochaines années, selon cette étude dont 
plusieurs intervenants de marché ont dit qu'elle avait contribué 
aux importants dégagements sur les marchés obligataires ayant 
poussé vendredi les rendements à la hausse à des niveaux oubliés 
depuis des mois. Les marchés actions ont aussi décroché.  
    Cet exercice de prospective annuel d'une des plus grandes 
banques d'investissement mondiales soutient que les conditions 
qui ont assuré la hausse de la croissance économique mondiale et 
la prospérité au cours des 35 dernières années sont en train de 
disparaître.  
    "Nous sommes en train d'assister à une transformation de 
l'ordre mondial qui a dicté l'économie, la vie politique, les 
décisions politiques et les prix des actifs des années 80  
jusqu'à aujourd'hui", écrivent les auteurs de l'étude.  
    "Sachant que ce cycle a duré environ 35 ans, il est possible 
que le prochain cycle (...) va aussi durer plusieurs décennies. 
Extrapoler ce qui s'est passé sur les 35 dernières années 
pourrait être l'erreur la plus dangereuse que feraient 
investisseurs, responsables politiques et banquiers centraux", 
poursuivent-ils. 
    Ils soulignent que les valorisations des actifs dans les 
principaux pays développés n'ont jamais été aussi élevées mais 
pour des raisons spécifiques à la période allant des années 80 à 
aujourd'hui.  
    Le rendement des Treasuries à 10 ans, référence de fait des 
taux à long terme pour le reste du monde, a bondi à 1,67% 
 US10YT=TWEB , au plus haut depuis le vote britannique en faveur 
d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (Brexit) qui 
avait alimenté des craintes de récession.  
    Les rendements des emprunts d'Etat à 10 ans allemands se 
sont aussi fortement tendus, repassant en territoire positif 
pour la première fois depuis le Brexit  EU10YT=RR . Et Wall 
Street a cédé près de 1,5%, sa plus forte baisse en cours de 
séance depuis le mois de juin.  
    Pour Deutsche Bank, les thèmes qui domineront les 35 
prochaines années seront notamment une croissance réelle plus 
faible, une inflation plus élevée, un ralentissement des 
échanges internationaux, un plus grand contrôle des flux 
migratoires, une baisse de la part des profits des entreprises 
dans la richesse nationale et des rendements réels négatifs sur 
l'obligataire. 
 
 (Jamie McGeever, Marc Joanny pour le service français, édité 
par Bertrand Boucey) 
 
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