Deusto, de la Roja à la rue

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Deusto, de la Roja à la rue
Deusto, de la Roja à la rue

Seul trophée Zamora de l'histoire de Málaga, Juan Antonio Deusto a connu une carrière sportive fabuleuse, ponctuée par quelques capes avec la Roja. Puis, la chute. Une fois les gants rangés, le natif de Bilbao est devenu SDF avant de mourir dans un funeste anonymat.

L'estadio José Rico Pérez n'est pas encore comble que les joueurs d'Alicante et du FC Barcelone se réunissent sur son pré. À l'heure de l'avant-match, les joggings sont encore sur le dos et les discussions vont bon train. Johan Cruyff, meneur de jeu blaugrana, bavarde ainsi avec Manolo Maldonado, alors directeur sportif de l'Hercules. Entre deux boutades, le Hollandais volant lui envoie une boutade en forme d'interrogation : "Pourquoi vous voulez autant de bons gardiens ? Donne-nous Deusto, on l'aime bien à Barcelone." En concurrence interne avec Miguel Angel Santoro, portier de l'Albiceleste, Juan Antonio Deusto reste pour les aficionados d'Alicante une légende. Un statut d'idole dont il jouit également quelques kilomètres plus à l'ouest, à Málaga, là où il a construit la première partie de son mythe. Cette carrière sportive ascendante, construite entre un trophée Zamora et des capes avec la Roja, laisse ensuite place à une retraite d'abord malheureuse, puis funeste. Pour sûr, lorsqu'il décède le 21 juillet 2011 à Bilbao, il s'éteint dans le plus grand anonymat, lui l'ancien SDF qui fuyait l'aide de proches qui l'aimaient.

De Bilbao à Bilbao, par la Méditerranée


Plus que son lieu de mort, la capitale du Pays basque est avant tout son lieu de naissance. Lorsque le jeune Juan Antonio Deusto voit le jour le 8 janvier 1948 - dans ledit quartier de Deusto, premier district de Bilbao -, les Leones forment l'une des meilleures équipes d'Espagne. Positionné dès ses débuts dans les cages, il ravit ses dirigeants et intègre même la très sérieuse Selección Nacional de Aficionados. Plus qu'une promesse, il est considéré comme un futur grand de San Mamés. Problème, un certain Iribar garde les portes du temple. Face aux quelque 614 matchs sous la liquette rojiblanca et 49 capes avec la Roja de son concurrent, Deusto ne grappille que quelques miettes. En chiffres, son expérience chez les grands de l'Athletic se limite à onze petites rencontres disputées en quatre saisons. À l'été 1969, il décide donc de quitter le cocon basque et décolle pour l'extrême Sud du Royaume. En Andalousie, plus précisément à Málaga, il découvre les joies de la titularisation. Une confiance des dirigeants qu'il rend illico sur le pré : formidable portier, il permet aux…


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