Dette : "Les dépenses que je propose sont des économies pour les générations futures !" (Dominique Voynet)

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Boursorama a envoyé 10 questions d'ordre économique à l'ensemble des candidats à la présidentielle.

5) La dette publique française est en forte augmentation. Quelles sont les solutions pour limiter la hausse de la dette et quel est votre objectif d’ici 5 ans ?

Ségolène Royal : La France compte parmi les pays les plus endettés de l’Union européenne et cette situation n’est pas tenable. Réduire la dette est l’une des priorités de mon pacte présidentiel. Je pense que le retour d’une croissance forte est une condition indispensable à l’assainissement de nos finances publiques. C’est la raison pour laquelle mon pacte présidentiel compte de nombreuses mesures pour dynamiser l’offre, notamment en encourageant la recherche et l’innovation, et pour renforcer la demande en redonnant du pouvoir d’achat aux Français. Je crois également que des économies peuvent être faites en matière de dépense publique, grâce à une vraie réforme de l’Etat pour qu’un euro dépensé soit un euro utile et grâce à une décentralisation plus cohérente qui donnera à chaque niveau territorial des compétences précises et évitera les doublons.

Dominique Voynet : Le chiffrage de mon projet montre que les propositions que nous souhaitons mettre en oeuvre pour anticiper la fin du pétrole, lutter contre le réchauffement climatique, diminuer les inégalités, etc, revient, en solde net, à 40 milliards d’euros sur 5 ans environ. Dans ce contexte, mon objectif est de ne pas faire augmenter la dette publique sur un rythme plus élevé que pendant la période 2002-2007. Mes mesures permettent de vraiment faire bouger les lignes sans dégrader à court terme les finances publiques et en les améliorant à moyen terme car, nous savons maintenant grâce au rapport Stern sur le changement climatique, réalisé par un ancien de la banque mondiale, que ne rien faire aujourd’hui pour lutter contre le réchauffement climatique coûtera beaucoup plus cher demain. Les dépenses que je propose sont donc d’abord des économies pour les générations futures !

Marie-George Buffet : « Pour réduire la dette, il faut dépenser moins ! ». C’est un dogme. Il faut dépenser beaucoup plus et mieux pour la santé, l’éducation, la formation, les retraites, la recherche, la culture, le logement social... Réduire ces dépenses freine la croissance en quantité et qualité, augmente le chômage, le déficit de qualifications, l’insécurité sociale et casse la productivité. En retour, les déficits se maintiennent ou se creusent et, avec eux, la dette. Par contre, ce sont plus de 400 milliards d’euros de cadeaux (exonérations et allègements divers) qui ont été faits aux entreprises depuis vingt ans. C’est plus d’un tiers de la dette publique totale actuelle ! Les prélèvements obligatoires sont utiles, s’ils servent à financer les dépenses utiles de développement des capacités humaines. C’est normal qu’ils augmentent pour la santé, les retraites, la formation, tout le long de la vie, la recherche, les services publics...Pour les abaisser, on a diminué, notamment, tant et plus les cotisations sociales des entreprises : -170 milliards d’euros cumulés depuis 1993 ; - 23 milliards d’euros en 2006 soit autant que l’effort public et privé pour la formation professionnelle continue ! Cela tire vers le bas tous les salaires et, donc, pèse sur la demande de consommation. Cela accroît l’insuffisance des qualifications et, donc, met en cause l’efficacité de l’offre productive. La précarisation et la mise en concurrence des salariés se généralisent.

Jean-Marie Le Pen : Nous avons le seul programme de gouvernement à 5 ans (parmi ceux des « grands » candidats) qui est parfaitement équilibré et même légèrement bénéficiaire (à 0,2 milliard d’euros). Il est vrai que nos mesures de relance et nos diminutions d’impôt sont financées par plus de 70 milliards d’euros d’économie sur les dépenses de l’Etat. Ainsi, dans un premier temps, nous ne « creusons » pas la dette. Nos mesures exceptionnelles en faveur des PME et de la relance de la croissance permettront à terme d’entamer le comblement de la dette.

Olivier Besancenot : La dette publique, c’est le cumul des déficits budgétaires qui ne viennent pas de l’augmentation des dépenses (stables en pourcentage du PIB) mais de la diminution des recettes du fait des allégements d’impôts pour les grandes entreprises et les plus fortunés. Il faut rétablir la pression fiscale sur les riches à hauteur des besoins !

Philippe de Villiers : Avec 2000 milliards de dette, l’endettement de la France atteint des profondeurs abyssales qui mènent notre économie à la banqueroute à moyen terme. Pour redresser la situation, je propose tout d’abord de remettre la France au travail en libérant l’âge de la retraite et en abolissant les 35 heures obligatoires. Je suis le seul à présenter par ailleurs un budget excédentaire et à réaliser des économies importantes dans mon projet présidentiel : abolition des 35 heures : 20 milliards d’euros ; non remplacement d’un fonctionnaire sur deux : 5 milliards ; immigration stoppée : 30 milliards d’euros.

Lire l'intégralité du questionnaire économique envoyé aux candidats

Nicolas Sarkozy (UMP), François Bayrou (UDF), Arlette Laguiller (Lutte Ouvrière), Frédéric Nihous (CPNT), José Bové (Gauche antilibérale) et Gérard Schivardi (Candidat de Maires soutenu par le Parti des Travailleurs) n'ont pas répondu à ce questionnaire.
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