Dette de la France : Manuel Valls attendu au tournant par Bruxelles

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A la mi-avril, la France doit présenter sa feuille de route budgétaire à la Commission européenne.
A la mi-avril, la France doit présenter sa feuille de route budgétaire à la Commission européenne.

Alors que Manuel Valls prend les rênes du gouvernement, Bruxelles demande à la France de faire des efforts pour réduire son déficit. Une mission qui s'annonce particulièrement compliquée après la divulgation des derniers chiffres de l'Insee.

Jusqu'à sa démission lundi 31 mars, Jean-Marc Ayrault aura bu le calice jusqu'à la lie. Au lendemain d'élections municipales désastreuses pour la majorité, le chef du gouvernement n'aura pas réussi à convaincre François Hollande de le maintenir à son poste. Outre le désaveu électoral infligé par les Français, le Premier ministre sortant quitte Matignon sur un double échec. Non seulement, la courbe du chômage ne s'est toujours pas inversée (chômage en hausse de 0,9% en février) mais la dette publique a continué d'augmenter plus rapidement qu'attendu. Lundi, l'Insee nous apprenait ainsi que le déficit public avait atteint 4,3% en 2013 et non 4,1% comme le prévoyait le gouvernement. Résultat, la dette a encore progressé de 13,4 milliards d'euros au cours du quatrième trimestre 2013 pour atteindre 1.925 milliards d'euros, soit 93,5% du PIB (vs. 90,6% en 2012).

Bercy a réagi en soulignant que le déficit public avait continué de diminuer en 2013 (5,3% en 2011, 4,8% en 2012 et 4,3% l'an dernier) malgré une conjoncture défavorable qui a pesé sur les recettes fiscales à hauteur de 1,5 point de PIB, évoquant « un effort inédit » de rétablissement des comptes publics. Il est vrai que l'atonie de la croissance a pénalisé le volet recettes alors que le programme de maîtrise des dépenses a été globalement tenu par le gouvernement. «  Hors soutien financier aux Etats européens et financement de la capitalisation du Mécanisme européen de stabilité, le ratio de dette s'élève à 90,4%, en ligne avec la prévision du gouvernement » précise même le dernier communiqué conjoint de Pierre Moscovici et Bernard Cazeneuve.

Dès lors, le nouveau « gouvernement de combat » dirigé par Manuel Valls aura fort à faire pour tenir ses engagements européens. Le sursis de deux ans accordé à la France en mai 2013 pour revenir à un déficit annuel de 3% se termine l'an prochain et l'exécutif français va devoir présenter sa feuille de route en vue de tenir cet objectif d'ici 2017. A la mi-avril, le gouvernement doit en effet remettre sa copie à la Commission européenne et il n'est pas sûr qu'il obtienne à nouveau un sursis même si cette éventualité reste en suspens. C'est dans ce contexte que Manuel Valls va devoir engager le pacte de responsabilité promis par François Hollande. En contrepartie d'un allègement de la fiscalité pour les entreprises (qui doivent de leur côté relancer les embauches !) et de la fiscalité pour les ménages promis par François Hollande, l'Etat va devoir réduire ses dépenses de 50 milliards d'euros sur la période 2015-2017. Reste encore à connaître les détails du plan et un calendrier précis. C'est sur ce terrain que la Commission européenne, les marchés et les agences de notations attendent le nouveau Premier ministre. Dans un climat politique et social plus tendu que jamais, l'équation va s'avérer particulièrement complexe à résoudre pour le nouveau gouvernement.

J.G

Pour consulter la dernière note de conjoncture de l'Insee sur la dette publique :

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  • KRIST17 le jeudi 3 avr 2014 à 14:23

    les réformes sur le train de vie de l'état, les collectivités et les fonctionnaires sans oublié la gabegie des aides sociales et assistances sociales ni le gaspillage des aides aux etrangers (cme...etc..) C'EST QUAND VOUS VOULEZ..!!!!!

  • M4312421 le jeudi 3 avr 2014 à 11:34

    Lamentable En 2012 Sarko nous a pris 30 Ma d'Impot En 2013 Sarko 35 ma + Hollande 35 ma Total ils nous on "volé" 100 Ma ET le déficit est passé de 4.7 à 4.3 au lieu de 3.5 ,La Dette va atteindre 100% le chomage a explosé. La non compétitivité de la France s'est confirmée et Montebourg a fait fuir les Investisseurs ... et on repart avec la MEME EQUIPE Espérons que Bruxelles sévisse car pour l'instant ce n'est pas l'austérité qui est coupable en France RIEN n'a été fait en ce sens

  • janaliz le mercredi 2 avr 2014 à 16:15

    C'est ce qu'on appelle se fou.tre de la g.ueu.le du monde ! "Bercy a réagi en soulignant que le déficit public avait continué de diminuer en 2013 (5,3% en 2011, 4,8% en 2012 et 4,3% l’an dernier) malgré une conjoncture défavorable qui a pesé sur les recettes fiscales"... Après 50 milliards de hausses d'impôts tous azimuts ! DES BRAN.QUI.GNOLS !

  • fquiroga le mardi 1 avr 2014 à 18:23

    J'ose espérer qu'il ne vas pas confondre réduction des dépenses et augmentation d'impôts.....